Cf. lettre XLIV
4. Dans sa lettre CCLXXIV, Mainard prie Flotte de ne pas trop montrer « l'épigramme de saint Paul, afin de ne pas fâcher un homme qui vaut extrêmement » . Par cette singulière appellation, Mainard désigne Fr. de Harlay qui fonda à Paris, en 1630, une Académie de Saint-Paul, institution dontles exercices étaient consacrés
I à l'étude des écrits de cet Apôtre. Quant à l'épigramme en question, il est évidem- I ment fait allusion à l'une des petites pièces dont l'inspiration se rattache à l'ode
du Théologien, peut-être à l'épigramme Tu veux passer pour un auteur, éd. Garriss.,
t. III, p. 114.
5. Ed. Garriss. t. III, p. 112, pièce insérée pour la première fois dans l'anthologie de Du Bray de 1630. — Pour les relations de Mainard avec Chanvallon, v. p. 53, note 2.
les soupçons de l'archevêque de Rouen, avec qui Mainard ne tenait pas à se brouiller, il s'avisa de donner à son théologien un nouveau ridicule : celui d'être né « guères loin des rivages de la Garonne » et conséquemment d'avoir grand besoin d'être dégasconné par la Cour. C'était, comme on s'en aperçoit tout de suite, un écho des critiques que son ancien maître, Malherbe, lançait aux écrivains du « pays d'adiousias ».
Cette adjonction d'une strophe destinée à donner le change sur l'original de son portrait ne porta guère bonheur à notre poète1. François de Noailles persuada sans peine à son frère, l'évêque de Saint-Flour, que c'était lui que visait l'ode de Mainard2. Comme Charles de Noailles était natif d'Aurillac, qu'il était l'auteur d'un volume de piété' et qu'au surplus il avait la réputation d'être un des membres les plus ignorants '* 'du clergé, il fut facilement convaincu, et, tout comme son frère, défendit au poète l'entrée de sa maison'. Nouvelle source d'ennuis pour Mainard qui eut beaucoup de peine à se disculper delà malignité qu'on lui prêtait gratuitement''.
Il semble que dans l'été de 1641 une détente s'opéra dans les rapports de Mainard avec son « ennemi ». Mme de Noailles, sur l'ordre de son mari et en présence de François de Corneillan, évêque de Rodez, un ami de la famille, fit bon accueil à notre auteur dans la propre maison du comte à Aurillac, s'entretint avec lui et lui offrit même un grand festin \ Si Mainard ne réussit pas à se réconcilier pleinement avec le comte — un) rondeau de 1642 8 prouve qu'à ce moment encore la paix défi 1 nitive n'était pas faite — il acquit du moins, grâce aux effort')
1. Noter que la première version du Théologien, telle que la donne le ms. 84! de la Bibl. de Toulouse (t" 148 verso-149) ne contient pas cette strophe. Elle esjj une addition finale au second « état » de cette pièce, récrite sur le même cahiejl vers 1638 (f 192-193).