Ed, Garriss., t. II. p. 292 : Pour une réconciliation
de ses amis, un peu plus de tranquillité ' et put caresser l'espoir de faire un nouveau voyage dans la capitale.
Ce n'est ni le futile désir de goûter les distractions de la grande ville, ni celui, d'un ordre plus délicat, de s'entretenir avec de chers compagnons dans le cœur affectueux desquels il pouvait épancher ses plus secrètes confidences, qui poussaient Mainard à souhaiter avec tant d'ardeur la liberté de se rendre à Paris.
Toute sa vie il eut le sentiment que son talent de poète devait être récompensé. On avait bercé son enfance et sa jeunesse du récit des libéralités que les Valois avaient prodiguées aux écrivains. L'espoir d'être un jour choyé parsonprince comme les poètes du temps de François Ier, de Henri II et de Charles IX, avait aiguillonné sa vocation. Sous le règne du sombre et austère Louis XIII, Mainard évoquait tristement le souvenir de cet âge d'or des gens de lettres. Car il avait eu beau par ses odes se faire « le trompette de la gloire » du monarque2 et l'assurer de l'immortalité pourvu qu'il lui donnât du bien % ses chants comme ses promesses ne lui en avaient pas attiré les faveurs, et le poète, pleurant sur la tombe des Valois avait dû reconnaître qu'Orphée importunait « le plus auguste des rois i ».
De nombreux confrères de Mainard, profitant de l'engouement du public pour le théâtre, tiraient une rémunération de plus en plus large de leur travail, en portant des pastorales, des tragi-comédies, des tragédies et des comédies à la troupe d'acteurs établie définitivement en 1628 à l'hôtel de Bourgogne, ou à la scène rivale, fondée en 1629 par l'illustre Mondory. Des amis de notre personnage, comme Colletet, Boisrobert, l'Estoille, Desmarets de Saint-Sorlin avaient gagné les faveurs de Richelieu en flattant sa prédilection marquée pour le théâtre. Mais il était impossible à Mainard de comprendre ce qu'est