‹ Le poète François MainardChapitre 174 sur 375 · Apollon que ton cœur s'ouvre ..... ibid., t. III, p · texte numérisé non relu

Apollon que ton cœur s'ouvre ..... ibid., t. III, p

l'art dramatique et à plus forte raison de s'y adonner. Il s'en faisait l'idée que le xvie siècle s'en était faite et que vraisemblablement partageait Malherbe ''. Tout comme son ancien maître il admirait Sénèque, et ses tragédies représentaient pour lui les modèles du genre. Pour réussir, les écrivains français devraient imiter les « dramatiques latins2». C'est dire que notre auteur conçoit les compositions scéniques comme des exercices poétiques ou oratoires sous forme de dialogue, comme des productions destinées à être lues et non à être jouées. Mainard a bien vu, à l'époque de sa jeunesse ou lors de ses voyages à Paris, les spectacles de l'hôtel de Bourgogne ; mais le répertoire d'Alexandre Hardy d'un romanesque extravagant et d'une négligence de style poussée jusqu'au jargon, a vivement déplu à ce disciple de Malherbe, épris de naturel et de correction de langage. De ces représentations il a emporté une mauvaise impression qu'il gardera toute sa vie. Il est prévenu d'avance contre les rares tragédies ou comédies dont il prend connaissance à son retour de Rome, au moment où la scène française abonde en chefs-d'œuvre. Il approuve avec enthousiasme les Sentiments de l'Académie française sur le Cid etj estime moins Cinna que la défense qu'en a faite Balzac'. Lesl succès de ses confrères l'irritent et le déconcertent. S'il s'essayait lui aussi à faire du théâtre ! Oui, mais il se rend bien vite compte des difficultés de l'entreprise. Il o peu d'imagination ;j quant à faire mouvoir des personnages, l'embarras que dernièrement il a éprouvé à mettre en vers des portraits moraux! est encore présent à son esprit. Naturellement, il colorera sonj impuissance dramatique des prétextes les plus divers :

Je n'écris que pour trois ou quatre Et suis un modeste caché, Qui fuit la pompe du théâtre,

1. Noter que si Malherbe, dans son ample correspondance avec Peiresc, pari souvent des ballets et fêtes de Cour, il ne touche jamais au mouvement drama tique de son temps.

2. Cf. lettre CCXXIX à Colletet à propos de sa Cyminde, tragi-comédie.

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