‹ Le poète François MainardChapitre 178 sur 375 · Lettres CXXVI et CXXXVIIL · texte numérisé non relu

Lettres CXXVI et CXXXVIIL

Chantereau-Lefebvre, il avait beau solliciter le surintendant des linances Bullion de le tirer de sa solitude1. En traversant les cent cinquante lieues qui séparaient notre personnage de Paris, ses prières perdaient toute leur efficacité.

C'est à cette époque que les invectives de Mainard contre l'ingratitude du siècle, que ses griefs contre l'avarice des princes, que ses railleries sur le sort des poètes deviennent plus fréquentes que jamais. Exprimées tantôt avec ironie, tantôt avec amertume, ses plaintes forment l'accompagnement presque inévitable de tous les motifs qu'il met en œuvre. La belle idée qu'il a eue de courtiser les « savantes pucelles », sœurs d'Apollon ! Son coffre est plein d'araignées 2 et ce ne sont pas les Muses, « illustres gueuses », qui l'aideront à le remplir :

Fondez tous les vers du Parnasse Vous n'en sauriez tirer un blanc3.

Ah les naïfs rêveurs qui s'apprêtent à gravir la butte sacrée ! Ils ignorent qu'à présent

... Pinde n'est plus un beau lieu

Mais une pente en précipice,

D'où l'on tombe dans l'Hostel-Dieu \

Car la rare bonté d'Auguste ne trouve plus d'imitateurs et les maîtres du jour se font gloire d'être injustes à l'endroit des « savants 3 ». On méprise le mérite, on honnit la vertu et Mainard qui « a ravy Pinde et raffiné ses lois » n'a été payé que d'un peu de fumée 6 ».

Que de toutes les plaintes, comme le remarque ce plaisant de Scarron ' , la plus ancienne soit celle des poètes sur le

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