‹ Le poète François MainardChapitre 19 sur 375 · Saint-Poney, o. c, II · texte numérisé non relu

Saint-Poney, o. c, II

2. Brantôme, Discours sur la reynede France et de Navarre Marguerite, dans Œuvres, éd. Lalanne, VIII, 71.

3. Dans son Essai d'un armoriai fjuercynois, M. L. Esquieu mentionne les Noailles comme étant seigneurs de Meyrinhac-Latour, Montclar, Garbonnièresj Malemort, Brives de Servières, Martel, Saint-Céré. (Bulletin de la soc. îles Hudes du Lot, 1905, p. 54).

MAINARD A LA COUR 35

Henri IV ses droits à certains arriérés qui lui étaient dûs par la reine de Navarre, en réclamant de plus le paiement des gages qu'elle devait à sa mère, Jeanne de Gontaut, ancienne dame d'honneur de Marguerite1. Néanmoins, il entretint d'excellentes relations avec la châtelaine d'LIsson pendant les dix dernières années qu'elle passa en Auvergne. En avril 1595, il engage sa mère, sur le point de se rendre aux hains de Belle vue, à faire un détour pour aller saluer Marguerite qui, « jouissant à cette heure de tout son bien, va désormais vivre un petit en reine » et l'assure qu'à Usson on a plus de souvenance des services qu'elle y a rendus que par le passé". D'autre part, Mainard fut un des protégés de Henri de Noailles et, dès son extrême jeunesse ', l'ami de François, comte d'Ayen, le fils aîné de ce seigneur.

Si l'on admet l'opinion de Saint-Poney, Mainard aurait fait partie du domestique nombreux de cette reine au moment où, en juin 1605, elle quitta sa sombre demeure pour gagner Paris, accompagnée jusqu'aux frontières de la province par toute la noblesse du pays. Les jours d'épreuves étaient définitivement passés. Depuis son divorce, Marguerite était dans les meilleurs termes avec son mari. Elle venait même de lui donner des preuves manifestes de son dévouement, en lui signalant les menées en Auvergne du duc de Bouillon et de ses complices. Le roi l'avait récompensée de ses bons offices en lui permettant d'intenter devant les Parlements de Toulouse et de Paris un procès en restitution de biens à Charles de Valois, comte d'Auvergne, son neveu. Avec l'assentiment de Henri III, celui-ci s'était emparé des sénéchaussées du Quercy et de l'Agenais ainsi que du comté de Lauraguais, terres qui faisaient partie de la dot de Marguerite '.

1. V. les placets de Henri de Xoaillcs au roi dans L. Paris, Les papiers de Noailles (le lu bibliothèque du Louvre. Paris, 1875, I, 322. (Cf. aussi Saint-Poney,

2. L. Paris, '/. <■.. I, 338 ei 291. — 11 sérail facile de confondre avec Géraud de .Mainard. le père du poète, vin certain Maynard qui adresse le 2 juillet 1574 (o. c,

1, 123) el le 21 juin 1602 (ibid. 2' partie, I, 29) tU^ lettres à Henri de .Noailles. Cet homonyme esl certainement M. de Maynard, président au présidial de Brive, qui, le I" déc. 1.7.11, écrit au même seigneur (ibid., I, 274).

3. H sera question à plusieurs reprises dans cet ouvrage «les relations de Mainard avec les -Noailles.

i. Mongez, o. c, pp. 319 et 394-95.

Cette conjecture, il faut l'avouer, a un certain air de vraisemblance. Nous préférons cependant la supposition ' qui présente Mainard comme secrétaire de la reine Marguerite, à Paris seulement. Pellisson écrit à ce sujel : « Dans sa jeunesse, il vint à la Cour et fut secrétaire de la reine Marguerite2 ». On dirait môme que l'historien de l'Académie française l'nil succéder la nomination du poète comme secrétaire de Marguerite à son introduction au Louvre. Les biographes s'accordent pour faire de Pierre-André Hurault de l'Hospital, que le poète appelle son « premier protecteur" », le personnage qui aurait patronné le jeune Mainard auprès du roi et de sa première femme. Pierre- André Hurault'' de l'Hospital, seigneur de Belesbat, petit-fils du célèbre chancelier de Catherine de Médicis, fils de Michel de l'Hospital, chancelier et ambassadeur du Béarnais, était certainement très aimé de Henri IV. Maître des requêtes au Parlement de Paris, il était à même d'être souvent sollicité par Marguerite, qui poursuivait devant cette instance une partie de ses procès contre Charles de Valois, son neveu. Enfin, marié à Claire de Gessei, fille d'un greffier au Parlement de Toulouse, ce magistrat devait être porté à s'intéresser au sort d'un jeune toulousain qui, comme Mainard, était fils et frère de conseillers à la Cour souveraine du Languedoc.

Selon Garrisson', c'est au cours du voyage du roi en Limousin, en septembre et octobre 1605, que Hurault de l'Hospital présenta le jeune homme à Henri IV. Mais quel est l'historien qui a révélé à ce critique la présence de Hurault de l'Hospital parmi les gens de la suite du roi ? Cette assertion, qui semble bien être faite pour les besoins delà cause", suggère

1. Cf. Garrisson. Notice à l'édition des Œuvres de Maynard, 1, IV. — Durand- Lapie et Fr. Lachèvre, Deux homonymes, Fr. Maynard et AV. Ménard, pp. 11-12. — G. Clavelier, Fr. Maynard, pp. 7-8.

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