‹ Le poète François MainardChapitre 180 sur 375 · Arcli. dép. du Lot, B. 414. V. Pièces justificatives · texte numérisé non relu

Arcli. dép. du Lot, B. 414. V. Pièces justificatives

2. Cf. les notes qui accompagnent la reproduction de ce document aux Pièces justificatives.

3. Ce terme usité en Auvergne, "Rouergue, Limousin, etc., a ici la signification de bail à perpétuité.

't. Ve d'Avenel, Histoire économique de ta propriété, t. I, p. 268.

le 12 novembre 1643, ils versent les arrérages des vingt-neuf dernières années ainsi que les redevances pour Tannée courante, il est à présumer que Mainard et Paul de Lavaur durent se montrer très accommodants sur la liquidation des dettes qu'ils avaient à encaisser. De même que tous les autres seigneurs censiers, Mainard et Paul de Lavaur hésitaient à intenter des procès à leurs débiteurs. Comme il n'existait pas de cadastre pour les trois quarts du royaume et que les successeurs des bailleurs primitifs n'avaient la plupart du temps d'autres titres pour établir leurs droits que des reconnaissances antérieures, les chicaneurs trouvaient de nombreux prétextes pour s'exempter de leurs obligations. Il valait mieux encore s'arranger à l'amiable avec les tenanciers que de recourir a la justice, lente comme toujours et entraînant à cette époque à des frais plus importants que les redevances en litige.

Quand aux lads et renies, c'est-à-dire aux droits de mutation qui revenaient à Mainard, en qualité de seigneur censier, le gain qu'il en tirait était rare et peu fructueux. Ainsi, le 27 mai 1639, à propos de la subrogation d'une terre « située aux appartenances du village de la Brunhe, parr(oi)s(se) de Sainct- Laurans, cont(enan)t dix quartallades à semer bled ou environ », «Monsieur Me Françoys de Maynard, con(seill)er du Roy et son présidant présidial au hault pays dauvergne habitant ceste ville », constitué en personne par devant le notaire de Bray de Saint-Céré « a confessé avoir heu et receu la somme de cinq livres dix sols p(ou)r le loz aluy deub a raison de lad. subrogation dont sest contenté et les a quittés (les preneurs), avec promesse de n'en rien plus demander sans préjudice néahmoingts des arrérages de la Rente a luy deubs sur lad. terre » 1.

Certes, notre personnage possédait des biens qu'il faisait valoir directement. A part une vigne de « seize journées » à Autoire, mentionnée comme fief noble dans l'acte du 15 mai 1639 qui contient le dénombrement des cens-rentes de Mainard, ces biens étaient roturiers.

1. Document conservé aux archives de Laboisse et communiqué par M. J. C. Viguié, curé de Saint-Jean Lespinasse, près Saint-Céré.

Et je n'ay pré, vigne, ny bois Qui ne soit soumis à la taille

dit le poète, dans l'épigramme « du ban 1 » ; .

Tous mes biens sont roturiers,

déclare-t-il, en altérant fort peu la vérité, dans une variante manuscrite2 de la même épigramme. Dans une autre pièce, il se plaint que son commerce avec les Muses ait « racourcy ses vignes et ses bois3 », ce qui indique qu'à part ses fiefs acensés il possédait des propriétés à la culture desquelles il présidait en personne. Parmi ces dernières figurait le domaine de la Rivière, sis à Autoire, village dont Charles de Mainard, le fils du poète fit son séjour habituel. Des papiers conservés aux archives du château de Laboisse, il appert qu'un petit-fils du président d'Aurillac, « noble Charles-François de Maynard, escuyer » baille, le 9 décembre 1696, « à métérie et moitié fruicts son domaine appelé de Larrivière, scitué dans la paroisse d' Autoire, composé de terres à labeur, couderc4, chenevières et preds ». Ce domaine, nous explique M. l'abbé J. C. Viguié, qui a eu l'obligeance de nous communiquer cette pièce, était assez considérable puisqu'on y ensemençait plus de vingt setiers de froment, ce qui demande, avec le système de jachères alors en usage, plus de sept hectares de terres labourables. Ajoutons-y des vignes et des bois, qui en Quercy n'étaient pas d'ordinaire baillés à métairie, le propriétaire les faisant exploiter directement. Il est presque certain que cette propriété de Charles-François de Mainard avait, dans le temps, appartenu à son grand-père. En effet, dans un document de 1465, il est question d'un mas de Maynard, situé près d' Autoire. Ce village, appelé de nos jours encore Maynard ou la Borie de Maynard,

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