Notice citée, p. iv
G. Aucun des chroniqueurs de l'époque (Palma, Cayet, l'Estoile, de.) ne rapporte ce détail. P. Laforest qui s'appuie dans son étude sur Henri IV a Limoges^
MAINARD A LA COUR 37
néanmoins quelques idées sur les circonstances grâce auxquelles Mainard aura pu approcher de la Cour. On sait que le voyage du roi en Limousin était surtout une démonstration contre les complots du duc de Bouillon, maître de la vicomte de Turenne, où il avait secrètement fait armer entre autres le château de Saint-Céré. Cette forteresse ouvrit ses portes aux officiers du roi le 30 septembre1, et il se pourrait que le vieux conseiller Géraud de Mainard, qui n'avait trempé dans aucune des intrigues du duc et qui désirait être exempt de tout soupçon, eût dépêché son fils François pour témoigner à Henri de sa loyauté et de son dévouement. Le jeune poète aura suivi le souverain à Paris et, par son entremise ou par celle de Hurault, son familier, obtenu un emploi de secrétaire dans la maison de Marguerite.
Hâtons-nous cependant de quitter le champ des hypothèses où nous avons trop longtemps erré à la suite des biographes de Mainard, et abordons l'étude de faits moins problématiques que les précédents et dont l'existence est hors de conteste.
* Il est fâcheux que les registres des comptes de l'épouse divorcée de Henri IV, déposés aujourd'hui aux Archives Nationales2, soient incomplets pour les années 1596-1608; nous ne pouvons donc savoir la date à laquelle Mainard commença à faire partie de la maison de cette reine. Toutefois on peut assurer, sans courir le risque de commettre un anachronisme, qu'à la fin de 1605 le poète tenait déjà son emploi de secrétaire des commandements de Marguerite. Cette princesse avait déjà quitté à cette date le château de Madrid, situé au Bois de Boulogne, où elle était descendue à son arrivée dans la capitale, pour venir habiter près du Marais et de l'île Saint-Louis, centre du Paris mondain de l'époque, l'hôtel de Sens, ancienne demeure des archevêques de ce diocèse. On voit encore, au coin de la rue du Figuier et de la rue de l'Hôtel-de-Ville, cette
(insérée dans Limoges au XVIIe siècle, Limoges, 1862), sur une relation contemporaine locale, ne mentionne pas non plus Hurault de THospital comme faisant partie de la suite du roi.
1. Cf. Poirson, Histoire du règne de Henri IV. Paris, 1862-67, t. II, pp. 651-652.