Cf. éd. Garriss., t. III, p
2. V. ce sonnet, éd. Garriss., t. III, p. 2ï et la lettre CXGVII de Mainard à Flotte.
3. La plaque contenant ces vers rapportés par Pellisson dans sa notice sur Mainard (o. c, p. 199) subsistait encore, au dire de nombreuses personnes de Saint-Céré, il y a une trentaine d'années dans le cabinet de travail de notre personnage. L'avant dernier possesseur de cette maison la fit enlever. — Mainard prétend-on, aurait fait mettre la môme inscription dans son cabinet de la rue d'Aureinques à Aurillac; il y aurait fait graver aussi au-dessus de la porte d'entrée de cette maison ces mots : Donec optata veniat (cf. Raulhac, Discours sur les hommes de l'arrondissement de cette ville, qui se sont distingués par l'exercice d'éminentes fonctions). Le quatrain du poète est visiblement inspiré par la pointe de l'ép. 47 di liv. X de Martial qui termine son énumération des éléments qui constituent une vie heureuse par ce vers :
Summum nec metuas diem, nec optes.
Sénèque exprime une pensée analogue dans les Phéniciennes (vers 192-195) : Qui Fala proculcavit, ac vitae bona
Projecit
Quare ille mortem cupiat, aut quare pelât.
La devise Donec optata veniat, moins fière que l'inscription française, est le contre-pied de l'hémistiche initial du vers qui clôt le quatrain. Il est formé, comme on voit, avec des expressions empruntées à Martial.
ses poésies et « autres ouvrages » qu'il veut donner au jour, il lui annonce sa prochaine venue à Paris. Ce dessein s'affirme de plus en plus. Certes, le désir de se trouver présent dans la capitale au moment de l'impression de son livre y entre pour beaucoup. Notre poète sait que le goût de Flotte diffère bien souvent du sien, que son confident est capable de donner à son ouvrage une allure susceptible de le dénaturer et d'y faire entrer des pièces qui lui déplaisent. Mais c'est surtout l'espoir de tenter une dernière fois la Fortune avec son volume qui l'anime. La santé lui est revenue et avec elle la confiance en lui-même et l'envie de lutter encore pour conquérir l'objet de ses vœux : un emploi qui lui procure argent et honneurs. Sa femme, après de longues souffrances, avait en 1643 quitté le monde i et sa mort permettait à Mainard de s'absenter de Saint-Céré plus facilement et pour un plus long temps. En se rendant à la Cour, il n'a plus à redouter la fureur de Noailles qui, sur les instances des amis de Mainard, a fini par entendre raison et par ne plus parler de mettre à mal son ancien secrétaire.
L'étroitesse de la vie provinciale l'a tellement fatigué qu'il désire vivement en sortir, au moins pour quelque temps. La société des hobereaux du voisinage le rebute. Dans ses jours de mauvaise humeur, Mainard juge sévèrement ces gentillâtres, « fourbes de haute naissance... avares et mesquins » qu'il faut encenser pour être tranquille'. Ces « fanfarons de province », d'une susceptibilité ombrageuse, croient lire dans chaque épigramme du poète une satire à leur adresse. Ces campagnards, qui ne comprennent rien aux plaisirs de l'esprit, se rient grossièrement de l'écrivain qui ne fait que « tirer des chansons de sa teste chenue » '. De gros nuages passent souvent même sur l'amitié qui lie notre auteur avec le comte de Clermont. Le