Lettre déjà citée du 27 juin 1641, ibid
d'être sage en même temps, lui avait été révélé par une grâce particulière des Dieux :
Cloris,.que dans mon cœur j'ay si longtemps servie,
Et que ma passion montre à tout l'univers,
Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie,
Et donner de beaux jours à mes derniers hivers!
N'oppose plus ton dùeil au bon-heur où j'aspire. Ton visage est-il fait pour demeurer voilé ? Sors de ta nuit funèbre, et permets que j'admire Les divines clairtez des yeux qui m'ont brûlé *.
Mais Cloris était trop orgueilleuse de sa parenté et de sa richesse pour consentir à devenir la femme d'un président honoraire, dépourvu de fortune. C'est à elle peut-être que fait allusion Balzac dans une lettre à Chapelain, en dépeignant une demoiselle2 dont il aurait désiré passionnément l'alliance avec la personne « de nostre ami ». On a montré à cette fière personne le nom qu'elle porte parmi les noms illustres des histoires du cardinal Bentivoglio et du président de Thou. « De là viennent ces esprits altiers, pour parler italien en françois, et ce mespris de toute sorte de bourgeoisie, fust-elle vestue de pourpre, et assise sur les fleurs de lis ». Sa mère estime que même un conseiller au Grand Conseil ne serait pas assez pour sa fille en oubliant trop vite que vingt mille écus seraient trop peu pour un conseiller au Grand Conseil 3. En tout cas, c'est bien à la Cloris de Mainard que Balzac adressa, sur les instances de son ami, un billet où il engageait chaleureusement cette belle à être favorable à son prétendant. En louant les stances que le poète avait faites pour elle, il lui certifiait que, de l'aveu même de l'éloquent cardinal Bentivoglio, elles passaient les plus sublimes productions de l'Italie et, ajoutail-il « ce seroit le plus grand malheur qui fut jamais s'il ne pouvoit vous gagner par un effort qui a vaincu une nation