‹ Le poète François MainardChapitre 213 sur 375 · Ibidem, 10 janvier · texte numérisé non relu

Ibidem, 10 janvier

3. Ibidem, septembre sans quantième 1644, à Chapelain. — L'ouvrage que Balzac voulait adresser à Mazarin est devenu le traité Aristippe ou de la Cour, Leyde, Elzévier, 1658, in-12°, dédié finalement à la reine de Suède. En avril 1644, ; Mainard, instruit par un gentilhomme de retour de la Cour de ce qui s'y passait, , avise Girard, l'official d'Angoulème, de mettre en garde le divin contre Silhon qui! le dessert auprès de Mazarin, dont ce dernier écrivain était le secrétaire (Lettres! inéd. de Balzac, des 17 et 25 avril 1644, à Chapelain. A la suite de cette dernière! lettre, figure un extrait de la missive envoyée par Mainard à Girard). Par la suite,! Balzac se rendit compte que Silhon ne nourrissait pas de mauvais desseins contre' lui (ibid., lettres des 19 et 26 septembre 1644).

4. Ibidem, 14 septembre 1643, à Chapelain. Remarquer comment il y excite! son ami contre le « tyran », en lui rappelant que celui-ci avait dit du mal délai Puce lie et qu'il était envieux de la gloire de Chapelain, son pensionnaire.

5. D'Olivet, Hist. de l'Académie, éd. Livet, t. II, p. 65 qui cite une lettre de l'épistolier à Conrart du 25 avril 1648. En parlant de ses titres et de ses qualités! Balzac dit : « Je croyois les avoir perdus dans un exil de douze ans »... Ce quïj prouve que c'est dans son dernier voyage à la Cour, en avril 1636, qu'on les lui avait conférés.

6. Lettres inéd. de Balzac, 5 octobre et 27 décembre 1613, 18 janvier 1644, etc — Cf. ses moqueries sur les vers de « Denys le Tyran » dans la lettre 20 du liv[ XI à Ménage, du 20 décembre 1645 (éd. in-f).

conversations, Balzac et Mainard se rappelaient la cruauté implacable du défunt ; ils s'indignaient contre l'arrêt de mort que le Cardinal avait fait prononcer contre Montmorency et contre le jeune de Thou — un innocent peut-être, un admirateur de l'ermite à coup sûr '. Ils s'attendrissaient sur la longue incarcération de Bassompierre qui, dans sa prison, s'était plus d'une fois souvenu de Mainard et avait composé des discours académiques en l'honneur de Balzac2.

Dans la société de son ami, la bile de Mainard s'échauffait contre le ministre défunt qui n'avait pas daigné récompenser ses épigrammes ni ses odes. A entendre Balzac lire ses vers latins contre la mémoire de Tibère, le poète sentait lui aussi monter sa colère contre le despote3. Tout un groupe de pièces satiriques se rattache à cette veine vengeresse. Dans la préface du volume posthume de Lettres de Mainard, Flotte parle des poésies de son ami « contre les phantômes des tyrans », en promettant au public de les lui donner un jour — parole qui ne fut pas tenue *. Les épitaphes injurieuses d'Armand, transcrites par Mainard sur ses cahiers autographes, sont les seuls spécimens qui nous soient parvenus de ces vers inspirés par la haine.

Naturellement, Mainard requit le jugement du rhétoricien sur les poésies qu'il destinait à sa prochaine publication. Balzac admira, outre les stances à la belle vieille, l'épigramme de la veuve dont le caractère lui sembla « bien doux et naturel », et

1. Cf. lettre de Balzac à Jacques Dupuy, du 1er mai 1653 (Douze lettres inéd. de /.-/,. due: de Balzac, publ. p. Tamizey de Larroque, Paris, 1863, in-8°).

2. Bibl. Nat. ms. F. fr. 645. Discours académiques de M. le Mareschal de Bassompier re en forme d'episires à M. de Balzac. Voici quelques-uns des sujets traités : contre la pluralité des langues — sur l'éloquence — contre l'éloquence — contre les sciences — de l'amour des corps etc. Balzac (Lettres inéd., 2 mai 1644) chargea Chapelain de présenter à Bassompierre un exemplaire de ses Œuvres diverses, nouvellement imprimées.

3. Cf. dans le t. II, 2me partie, p. 38, trois petites pièces sur Tibère, etc. V. dans Carminum libri très, Paris, 1650, in-4°, son Indignatio in poetas Neronianorum temporum (pp. 194 et suiv.) etc.

4. Cf. les vers : Ci-git Armand dont la noire fureur et Voici le testament 'l'Armand de Richelieu dans Durand-Lapie et Lachèvre, Deux homonymes, pp. 118 et 122 d'après Labouïsse-Rochefort, o. c, qui a tiré ces vers du ms. 844 de la Bibl. de Toulouse, f° 19 v. — Cf. aussi une épigramme contre Richelieu composée non [•as vers 1640 comme l'avancent les auteurs de la brochure citée (p. 122), mais ou été 1038, attendu qu'elle est insérée dans la lettre CXIV de cette année.

surtout l'ode à Alcipe qu'il trouva d'une éclatante « magnificence horatienne » l. Mais ce furent les vers composés à sa gloire qui, naturellement, lui firent le plus de plaisir. Déjà, lors de sa visite d'août 1642, notre auteur lui avait fait hommage de huit couplets pour mettre au front de son Apologie2. Cette fois Mainard lui apporta un quatrain dont Balzac fut ravi et qu'il fit immédiatement mettre sous son portrait, en tête de ses Œuvres diverses, à la place des vers latins du P. Bourbon qui figurent dans le premier tirage de ce livre :

C'est ce divin parleur dont le fameux mérite A treuvé chez les roysplus d'honneur que d'appuy. Bien que depuis vingt ans tout le monde l'imite Il n'est point de mortel qui parle comme luy '.

Comme le remarque Boileau4, les adversaires de Balzac ne manquèrent pas de rétorquer contre lui ce dernier vers qui renferme un compliment équivoque sur rélocution du grand rhétoricien. Mais ce dernier n'y vit qu'une paraphrase de l'apellation d'unique éloquent que déjà, dans son volume de 1624, il se donnait ou se faisait donner. A la sollicitation du vieux Guez, à qui il avait immédiatement communiqué ces vers, Balzac invita le libraire Rocolet de les faire inscrire sous la taille-douce placée en tête des Œuvres diverses qu'on était enl

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