‹ Le poète François MainardChapitre 218 sur 375 · Lettre 7 du liv. III à Boisrobert, 12 septembre 1G · texte numérisé non relu

Lettre 7 du liv. III à Boisrobert, 12 septembre 1G

3. Cf. lettre 36 du liv. XV de l'éd. in-f° à Mme de la Chétardie et une lettre à Chapelain du 20 février 1645 {Lettres inéd., p. 033).

4. Cf. lettre XXXIII de Mainard à Flotte. — Mme de Forgues était en correspondance avec notre auteur, cf. une lettre du 11 avril 4644 de Balzac à Chapelain {Lettres inéd., t. I, p. 508). — Une seule des chansons de Flotte nous est parvenue: un « air à boire » dans les Muses illustres de 1658 (d'après Lachèvre, Bibliogr. des rec. collect., t. II, p. 285).

5. Ed. Garriss., t. III, p. 26i : Ton neveu, Cleomede, est un brave intrépide : Cleomede, on l'a deviné, désigne Balzac. — Cf. aussi lettre 6 du liv. XIII, 10 août 1644, à M. de Campagnol, lieutenant au régiment des gardes du Roy.

Quoiqu'on en ait dit1, le rhétoricien aimait sincèrement la nature; dans les descriptions qu'il a données de sa campagne, on sent sous ses phrases, qui parfois sont d'un style prétentieux, le plaisir qu'il éprouve à vivre entouré de verdure, d'arbres fleuris, de moissons dorées ; son contentement de suivre le cours sinueux d'une rivière dont les eaux claires reflètent le ciel « dans toute sa pureté » ; sa joie de s'imprégner des odeurs embaumées des champs. Balzac entraînait ses amis dans ses longues promenades. Jl était matinal et il lui plaisait de voir briller sur les plantes « les rosées de la nuit ». Presque à la sortie de sa maison rustique, on pénétrait dans un bois où l'on trouvait de l'ombre et de la fraîcheur, même en plein midi ; on en admirait les arbres embrassés par le lierre, aux branches chargées « detourtreset de faisans », on se délectait à entendre chanter les rossignols. Balzac s'amusait à donner des noms aux concertants : tel virtuose était Malherbe ou Chapelain et tel chanteur enroué lui rappelait Maillet ou Gomès 2. A l'orée du bois s'étendait une prairie, ou plutôt un parterre de tulipes et d'anémones qui dévalait jusqu'à la « plus secrète partie de ce désert ». Un canal, sur lequel glissaient des cygnes, traversait cette agréable solitude ; la douceur de l'air qu'on y respirait faisait de cet endroit ainsi que de a la longue allée de meurriers blancs » qui conduisait à la Charente les promenades favorites de Balzac \ C'est là qu'il se livrait à de longues causeries avec ses amis, c'est là que Mainard lui racontait ses ennuis, lui faisait part de ses espérances et de ses secrets. Car, le cœur du rhétoricien, fermé à la véritable amitié et au dévouement, était capable d'affection. On a vu l'inquiétude avec laquelle il attendit la visite de son ami ; les transports de joie avec lesquels il l'accueillit, les bons offices qu'il s'employa à lui rendre. Mais le

1. M. Bourciez, article sur Balzac dans le tome IV de l'Hist. de la littérature française de Petit de Julleville.

2. Cf. lettre 2G du liv. XIX, 12 mai 1G38 et lettre 18 du liv. XI, 20 décembre 1645. — Balzac s'est moqué de Gomès dans l'épigramme latine du « rossignol enrhumé. »

3. Lettre lo du liv. I, 4 septembre 1622 ; lettre 2 du liv. XIII, 30 juillet 1G42; lettre 2G du liv. XIX, 12 mai 1638 et le Prince dans Œuvres, éd. 1665, t. Il, p. 3.

poète l'aimait bien plus qu'il n'en était payé de retour et, certes, ce fut avec un très vif regret qu'à la fin de juillet 16441, comme au début de septembre 1G42, il se sépara de Balzac.

1. Cf. Lettres inéd. de ftalzac, 25 juillet 1644, à Chapelain : Mainard « part d'icy, après y avoir attendu inutilement l'effet des promesses de Rocolet ». Il s'agit de trois exemplaires de la nouvelle impression des Œuvres diverses de Balzac, destinés à Mainard, au comte de Clermont et au premier président Boîtier de Montrabe. — Sur « le grand déplaisir » (pie Mainard éprouvait de qui lier Balzac, cf. lettre CLXXIX à Le Febvre.

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