Ed. Garriss., t. III, p. loi
UN DERNIER VOYAf.E A LA COUR. — MORT DE MAINARD 351
Le président avait gardé bon souvenir de la protection que le conseiller Pierre-André HuraultderHospital lui avait accordée au moment de sa venue à Paris, et ne cessa d'entretenir d'excellentes relations avec ce haut magistrat et avec ses enfants. Paul, son deuxième fils, prieur de Saint-Benoît du Sault, dit l'abbé de Belesbat, fut un des « alcôvistes » les plus en faveur du Marais et du faubourg Saint-Germain. Bien qu'il composât parfois des chansons enrubannées, il s'acquit surtout la réputation de «grand introducteur des ruelles)). G' est le Brundesius du Dictionnaire des précieuses de Somaize', l'homme qui a ses entrées libres dans toutes les belles assemblées. Il tient chez lui une école où les jeunes gens apprennent les talents nécessaires à qui veut, par sa conversation et ses manières, briller en société. Marguerite, la fille cadette de Pierre-André Hurault de l'Hospital, devint une familière de l'hôtel de Rambouillet \ Mais c'est son aînée qui se distingua dans la société précieuse du temps. Mariée en 1628 à Jacques de Ghoisy, tout d'abord maître des requêtes au Parlement de Paris et ensuite intendant du Languedoc, conseiller d'Etat, chancelier et garde des sceaux de Monsieur, duc d'Orléans, Jeanne-Olympe Hurault de l'Hospital ' fit, étant encore jeune fille, grand bruit dans le monde «à cause de la beauté de son esprit». Cette flatteuse appréciation vient de Somaize qui a tracé le portrait de Mme de Choisy . sous le nom de Célie'' . Mademoiselle de Montpensier en a donné un autre sous le nom de la « charmante exilée». Madame de Brégis la peignit elle aussi sous celui de Phylis et Segrais s'attacha, à deux reprises, à la présenter à l'admiration