Cf. 1. XXII et CCXXXIX
4. Cf. l'article sur Fr. Mainard de M. P. Lafenestre {Revue d'Hist. lit t. de la France, 1003). C'aurait été M110 Jeanne Olympe Hurault de l'Hospital, fréquentant la société de Louvre, qui aurait arraché Mainard à l'entourage de la reine Marguerite, rempli d'admiration pour Ronsard et qui l'aurait attiré à la cour d'Henri IV, acquise à la poésie du réformateur. — Mais à l'époque où Mainard était secrétaire de cette reine, la fille de Hurault de l'Hospital avait certainement à peine quelques années car, bien qu'on ne connaisse pas la date de sa naissance, on sait qu'elle se maria le 28 février 1628 et qu'elle n'eût son premier enfant, François-Timoléon, qui devint l'excentrique abbé de Choisy, que le 16 août 1644. A cette date Mainard finissait de limer son ode La belle vieille par laquelle il supplie Cloris, devenue veuve, de lui accorder sa main. M. Lafenestre a encore eu tort de rapporter à la Cloris de Mainard la phrase suivante de la 1. IV de Racan (éd. Tenant de Latour, t. I, p. 313) : Je tâcherai, dit celui-ci, « de faire en sorte qu'Arténice et Clorys aient meilleure opinion de moy que M. de Malherbe. » Son maître l'avait plaisanté, en effet, au sujet de sa froideur auprès des dames. Or, on voit qu'ici Arténice et Cloris équivalent à Orante, Caliste ou Cléande, noms que les poètes du temps donnaient aux belles.
malencontreuse qui ne s'accorde pas avec la chronologie des pièces écrites par notre auteur. Les Délices de la poésie françoise de 1015 et le Recueil de Du Bray de 1626 renferment en effet des morceaux remplis d'allusions au mariage de la belle qui avait promis sa foi au poète ; or, Mme de Ghoisy ne se maria que le 8 février 1628. De plus, cette conjecture hasardeuse se trouve démentie par le ton déférent et affectueux (d'une affection respectueuse bien éloignée de l'amour) des lettres de Mainard à Mme de Choisy et par la façon dont notre auteur parle à ses correspondants de la fille de son « premier protecteur1 ».
Ce fut vraisemblablement lors de sa venue à Paris que Mainard présenta à Mme de Choisy et aux autres enfants du conseiller l'épitaphe de messire André Hurault de l'Hospital. La chute de ce sonnet, imité de Testi, dut chatouiller agréablement ces amateurs de rencontres subtiles :
Passant.
Ne t'émerveille pas si le vouloir des Gieux Cache au sein d'une tombe un cœur si précieux ; Le propre des trésors est destre sous la terre2.
Quelques autres passages où Mainard sacrifie au goût maniéré du temps, durent provoquer la même admiration dans ce cercle précieux auquel l'abbé Costar, « le plus galant des pédants, le plus pédant des galants » comme l'appelait Mme de Suze, donnait peut-être lecture de son flatteur commentaire sur Y ode àAlcipe3. Mais, au fond, on trouvait à ce provincial, représentant d'une autre génération, trop de simplicité et même de rusticité. On aurait souhaité qu'il exprimât des pensées plus compliquées, qu'il fît preuve de moins de bon sens et de plus d'ingéniosité, d'un jugement moins solide