‹ Le poète François MainardChapitre 23 sur 375 · Pellisson et d'Olivet, o. c, (.1, p · texte numérisé non relu

Pellisson et d'Olivet, o. c, (.1, p

3. Durand-Lapie el Fr. Laclièvre, Deux homonymes, Fr. Maynard et Fr. Ménard, p. 18.

D'autres biographes de Mainard, surpris de rencontrer dans ce poème une foule de tours vieillis, d'expressions archaïques, de chevilles, d'hiatus, d'élisions forcées et de rimes fautives, ont reculé jusqu'aux abords de 1620 l'adhésion de ce poète à la doctrine de Malherbe8. Ils ne pouvaient s'expliquer la présence de telles fautes de langue et de versification dans l'ouvrage d'un récent disciple du « tyran des mots et des syllabes ». Enfin, comme un recueil de vers publié en 1613 et signé par un homonyme offre les mêmes défaillances de forme que le Philandre, on a témérairement attribué la paternité de cette pastorale à un certain Fr. Ménard, qui n'a de commun avec notre écrivain que le nom1. Cette thèse a le défaut de laisser de côté avec trop de légèreté le témoignage de Pellisson, qui a fréquenté Mainard, et en a rédigé la biographie d'après des notes fournies par Charles de Mainard, le lils du poète. Si, dans la relation de ce biographe, il est permis de suspecter parfois l'exactitude de certaines dates, il nous est interdit d'en supprimer les passages relatifs à un ouvrage dont Mainard lui-même a pu l'entretenir.

1. Cf. Garrisson, notice sur .Mainard (mi IHe de redit, de ses Œuvres, p. ix : a Le Philandre obtint un grand succès : publié successivemenl à Tournon, à Lyon el à Paris, il cul en cinq années (1619-1623) quatre éditions... Ce fui vers cette époque vraisemblablement que Maynard lia connaissance avec Malherbe, dont il devint bientôt le disciple et l'ami ».

2. Cf. (î. Clavelier, broebure citée s. Mainard, p. 'M) : « Il nous est difficile de croire, bien que Pellisson l'affirme, que ce conte si puéril soil sorti delà plume du président Maynard... le Philandre où abondent les mois et les locutions archaïques, où pullulent les hiatus, paraîl bien avoir été compost'' par un élève attardé de Ronsard. Remarquons enfin que noire poème offre de nombreuses analogies avec la pastorale de Fr. .Ménard, parue chez Jacquin en 1613, qui n'est certainemenl pas de notre poêle, ainsi (pie l'onl abondamment démontré MM. Durand- Lapie el Lachèvre. Aussi ne serions-nous pas surpris qu'on découvrit an jour que le Philandre est dû. comme cette pastorale, à un homonyme du président (l'A u ti I Inc. » V. aussi [t. 53. — Cette opinion n'a pas le mérite de la nouveauté. In érudit anonyme, qui, en vue d'une édition de .Mainard, a annoté, à la lin du xvm' siècle un exemplaire des Œuvres de 1646 (Bibï. de l'Arsenal ms. 2943) de ce poêle, avail déjà émis, en transcrivant la notice citée de Pellisson, L'idée (pie le Philandre « dont la versification est plaie el remplie d'hiatus (pie Maynard a toujours évités très soigneusement, a tout l'air de ne pas être de lui. A juger du style, il me paraîl être de la façon d'un certain François Ménard qui fil imprimer en 1613 un vol. in-12, dédié au marquis d'Ancre, intitulé les Œuvres de François .Ménard ». M. Ph. Martinon a repris cette conjecture dans une noie de la Revue d'Histoire littéraire de la France, troisième livraison, 1908. Ce critique l'ait étal surtout de la versification défectueuse dn Philandre pour en ôter la paternité à notre auteur. Dans le chapitre consacré à ce poème, nous montrons le peu de fondement de l'opinion de .M. .Martinon.

MAINARD A LA COUR 47

Au début de 1606, les poèmes français cités par Pellisson comme ayant servi de modèles au Plulaiidre jouissaient d'une 1res grande vogue dans les cercles fréquentés par notre poète. Les Changements de la Bergère Iris de Jean de Lingendes, parus h la fin de 1605', avaient excité un très vif enthousiasme parmi les disciples de Bertaut, fervents comme leur maître2 de poésie pastorale. Parmi les hommages versifiés placés en tête de celte bergerie, relevons ceux de Pierre de Nancel, auteur de tragédies chrétiennes et de Davity, versificateur et historiographe qui, de concert avec Lingendes, avaient la même année pompeusement salué les chants sacrés et profanes de l'abbé d'Aunay '. Des vers langoureux partis de la plume d'ordinaire cynique de Motin et de Berthelot figurent dans le voisinage de deux prosaïques morceaux d'Infrainville Touvant, futur élève de Malherbe et peut-être introducteur de Lingendes 5 dans le cénacler^de l'auberge de la Croix-des-Petits-Champs. Enfin Honoré d'Urfé engage par des stances le berger Philène,

1. La mention du privilège de ce poème, concédé Le 15 oct. 1005 à Toussainct du Bray « pendant le termede dix ans entiers », figure entre autres dans l'édition de 1623 (Paris, Mathurin Henault, in-12) dos Changements de la bergère /ris reveus, corrigez et augmentez par Vautheur. L'ouvrage est dédié à Madame Louise de Lorraine, princesse de Conti, en l'honneur de laquelle, l'auteur écrit aussi nu sonnet placé à la suite de sa dédicace. Pièces liminaires signées par Honoré d'Urfé, Motin, Infrainville Touvant, De Voyon, Aube, Berthelot, De Coi lieu, P. de Nancel, Davity. — Le texte est suivi (fos 93-98) de trois pièces de Lingendes, publiées dans les Délires de la poésie /'/(niçoise de 161b : Pour un bracelet d'ambre et de perles, à Mademoiselle de Magne; Pour ('loris (Délires, I. [., 3e partie, p. 7:31); stances fibid, p. 745). — Viollet le Duc (Catalogue de sa biblioth. poétique, \\. 575), est le seul bibliographe qui, à noire connaissance, mentionne L'éd. de 1608 i\^ Changements, chez T. du Bray. M. Lachèvre (o. c, t. 1, p. 298) confond celle édition avec sa réimpression de 1000 (citée par Graesse, Trésor des livres rares et précieux, t. IV), mais énumère toutes les autres réimpressions, excepté celle de 1623 citée plus haut.

2. Bertaut a composé un sonnet « sur la traduction de la Diane de Montemayor, l'aide par Madame de Neufvy » (Œuvres poétiques, éd. Chenevière, Paris, 1891,

3. Cf. Œuvres poét. de Bertaut, éd. c, pp. xlu-xlïii,, lx, 499-500, 525. A défaut de cette pièce laudative, les stances de Lingendes, remplies de fadeurs et de pointes, auraient . révélé ce poète comme un disciple de Bertaut. La plus goûtée de ses pièces fut une élégie pour Ovide, paraphrase de l'élégie latine de Politien sur l'exil du chantre des Tris/es et des Pontiques. Chapelain déclarait à Nie. Heinsius que cette élégie « est une i\e^ plus agréables pièces de vers que nous ayons. » (I. du 17 janv. 1052 ; v. aussi celle du 22 mars, même année. — Tamizey de Larroque, Le/Ires de Chapelain, t. II, pp. 192 et 215).

1. Lingendes qui devint l'ami de Malherbe, était en relations de correspondance avec Marc-An loi ne, le fils chéri du maître (cf. Lettres de M alherbe a Peiresr du 8 janv. 1023).

sons les traits duquel l'auteur s'est dépeint, à « éteindre son feu dans le dépit » et à fi oublier son amour ».

Le Sireine* d'Honoré d'Urfé a ouvert la voie où Lingendes, Mainard et d'autres poêles ont suivi la trace de cet auteur. Les erreurs bibliographiques qui ont cours au sujet de la date de publication de ce poème, ont empêché les critiques de se rendre compte du rôle de créateur qui revient à d'Urfé pour le roman pastoral en vers, genre littéraire vite étouffé par le roman pastoral en prose et parla pastorale dramatique.

Le Sireine semble au premier abord un petit roman autobiographique dans lequel l'auteur, sous couleur de conter la passion contrariée du pastoureau Sireine pour la bergère Diane, a exposé la peine qu'il éprouve en voyant la belle Diane de Châteaumorand, épouser Anne, son frère aîné.

A l'examen cette interprétation sentimentale se montre plus spécieuse que vraie, car à l'époque du mariage de son frère, Honoré avait tout au plus neuf ans". Certes, le poème qu'il ébaucha à sa sortie du collège', dut être avant tout une imitation de la Diane de Montemayor, que les traductions récentes (1578 et 1582) de Nicole Collin el de Gabriel Chappuis ' avaient fait connaître en France. Honoré d'Urfé ne s'occupa guère de ce brouillon pendant l'époque trouble des guerres civiles, auxquelles il prit part comme lieutenant du duc de

1. Il est évident que Livet si- trompe en avançant (Hist de l'Académie, l. I, p. 1%, noie) que le poème d'Urfé dont Pellisson parle à propos du Philandre, est h\ Silrani/e owh\ Morte-Vive, qui est une pastorale dramatiqueet non un poème, <vl dont la première impression esl de 1627 (Paris, Robert Fouet, in-S", privilège du 12 avril 102.'i), c'est-à-dire de Imil ans postérieure à la première édition connue de l'ouvrage de Mainard.

2. A Bernard, Les d'Urfé, Paris, 1839, p. (.>7, place le mariage d'Anne d'Urfé avec Diane de Châteaumorand dans les premiers mois de 1574, à rencontre des autres biographes du même personnage, qui d atent cet événement de 1570. — Ajoutons que si Honoré était bien jeune en loT'i ou en loTO, Diane n'avait pas plus de treize ans (ibid., p. lOi).

3. Ce fut à ce moment qu'il composa son poème, à ce que nous d'il le libraire dans l'avant-propos du Sireine. — II. d'Urfé esl né le II l'évr. 1567 à Marseille. En 1583, en qualité d'élève au collège de Tournon, il écrit la Triomphante entrée de . . . Madame Magdeleine de la Rochefoucauld, épouse de . . . Messire Just Loys de Tournon, seigneur et baron <la dict lieu. Il dut composer son Sireine peu de temps après celle dale(cl'. A. Lefranc, dans la Revue des cours et conférences, Il mai 1905).

\. Cf. J. Marsan, La Pastorale dramatique en France a la fin <1n XVIe et au commencement du XVII* siècle, Paris, 190o, p. 102.

M'AINARD A LA COUR 49

Nemours. Après la soumission du Forez à Henri IV (1596), notre ligueur se retira auprès du due de Savoie, et mit à profit ses loisirs pour reviser et publier les ouvrages commencés jadis et laissés inachevés. Cependant l'entente ne régnait pas dans le ménage de son frère et, en 1598, le pape prononça l'annulation de cette union dont aucun des époux ne s'estimait content. Comme, au sentiment de la maison d'Urfé, il aurait été dommage de laisser sortir de la famille les biens fort considérables que Diane de. Châteaumorand y avait apportés, on pressa Honoré de prendre la place qu'Anne avait quittée. La perspective d'épouser sa riche belle-sœur stimula sans doute le zèle de notre écrivain. Il s'agissait de faire passer ses propositions de mariage comme des vœux longuement chéris et pouvant être enfin exaucés. Tirant habilement parti des rapports affectueux, mais innocents, qu'il avait eus avec Diane, il glissa dans l'intrigue quelques passages propres à témoigner à sa belle-sœur qu'elle avait été longtemps la dame de ses pensées. Se laissa-t-elle toucher par cette feinte constance ou céda-t-elle à des arguments plus persuasifs? Toujours est-il qu'en 1600, elle épousa Honoré d'Urfé et que très peu de temps après ce mariage, en 1601 vraisemblablement, parut la première édition de ce poème.

Dans l'avant-propos de l'édition de 1606, qu'on a tort de regarder comme la première impression de cette pastorale, le libraire Micard assure « l'amy lecteur » qu'il lui offre l'ouvrage d'Honoré Urfé en meilleur état qu'il ne le lui avait présenté les « années passées ». Il s'était servi alors d'une « très mauvaise copie... défaillante presque en toutes les parties principales de l'œuvre, écrite à la hâte et à l'insceu de l'autheur ' ». Il l'a remplacée cette fois par un texte correct qui permettra au public d'apprécier à sa valeur cet essai, fait par le romancier-poète « en son enfance et à peine sorty de ses premières estudes »,

1. Le Sireine de Messire Honoré d'Urfé, Paris, Jean Micard, 1606, in-12 (Bibl. Nat. Ye 7605). — Le Privilège du Roy, non daté, placé à la fin du texte, est libellé en faveur de Jean Micard « pendant le temps et terme de dix ans entiers et accomplis ». Or, en 1611, paraît chez Toussaint du Bray une nouvelle édition du Sireine, ce qui prouve «pic le privilège élibéré au premier libraire avait expiré d qu'il tant, selon toute vraisemblance, placer en 1(501 la première édition de cette pastorale.

mais qui, depuis, a été « plusieurs fois retouché ». A défaut d'exemplaire imprimé du Sircine, Mainard aurait pu prendre connaissance de cette pastorale par un des nombreux manuscrits qui circulaient dans le public'. Si certaines copies en étaient défectueuses, il y a des raisons particulières pour qu'il s'en trouvât de bonnes dans la bibliothèque de Marguerite.

Les trois frères d'Urfé qui, au xvr siècle, cultivèrent avec plus ou moins de bonheur les lettres, furent toujours en excellents rapports avec cette reinev0n peut les compter parmi les amis et les visiteurs de Marguerite, durant son exil à Usson. Anne, l'aîné, le grand bailli, a exalté les vertus de la perle de la France dans le sonnet liminaire de son Hymne à Sa iule Suzanne. Dès 1593, Antoine, le cadet, lui dédia une épître sur la beauté qu'acquiert l'esprit en s'adonnant aux sciences-. Enfin on prononçait souvent le nom d'Honoré à la cour de Marguerite et sa personne éta il bien connue «les vieux serviteurs de la reine. Grièvement blessé dans une escarmouche entre ses gens et ceux du comte de Randan, gouverneur d'Auvergne, qui, au nom de Charles de Valois, disputait à Antoine d'Urfé la possession de l'abbaye de la Chaise-Dieu, Honoré d'Urfé avail été transporté par ses adversaires au château voisin dTsson '. Son hôtesse lui prodigua ses soins, le rappela à la vie et finit

1. Bernard, o. c, p. lit. cite comme lui appartenait un cahier autographe d'Urfé, contenant entre autres une copie du Sireine, datée de Chambéry, I»1 24 novembre 1590, avec ce titre : Le Sireine du jeune d'Urfé. Ce texte sérail Le brouillon qui aurait servi à l'établissemeni d'un manuscril appartenanl â ia bibliothèque de l'Université de Turin, el donl la dédicace à Marguerite, fille du duc de Savoie, est datée par d'Urfé de Virieu, le 10 juin I0OO Le premier de ces exemplaires serait-il le même que le ms. autographe de la Bibl. Nat. FFr. 12480, cité par M. Marsan (o. c, p. 200, noie 1)? Ce dernier porte an débul cette mention : A Chambéry le vint et qualriesme novembre 1596, el une dédicace an duc de Savoie, du 1er juillet 1590. Après le premier livre : Chambéry, 10 décembre 1596. A la fin : Cenoy, le 1er juillet 1599.

2. Bernard, Les d'Urfé, pp. 93 el 118. Anne d'Urfé imprima ses Hymnes en 1008, à Lyon, in-4°. Pour Antoine, abbé de la Chaise-Dieu el évêque de Saint- Flour, mort d'un coup d'arquebuse en 1594, cf. aussi Saint-Poney, ». c. I. 11, p. 327.

3. Cf. Saint-Poney, o. c, t. II, pp. 440-442. La version courante d'après laquelle d'Urfé avait été fait prisonnier par les soldais de la châtelaine d'Usson, durant les guerres de la Ligue, n'est guère admissible selon cet historien, « attendu qu'on ne voit pas trop comment d'Urfé a pu être en collision avec les troupes de Marguerite du moment qu'il suivait le même parti». Un tableau qui existe encore dans la chapelle attenante au château d'Usson el qui représente la résurrection de Lazai'e, commémorerait le retour à la vie d'Urfé.

MAINÀRD A LA COUR 51

par s'énamourer de ce jeune et beau cavalier qui la paya de retour. C'est, dit-on, le souvenir de cet incident qui dicta à l'auteur de YAstréc l'épisode de Galatée et de Céladon. Ce fut alors, pendant sa douce convalescence* à Usson, qu'Honoré d'Urfé commença à rédiger ses Epîtfes morales. Plus tard, en en faisant hommage h Marguerite, il la priera de les recevoir « de bon œil » et lui rappellera qu'elle en avait autrefois écouté la lecture avec plaisir 2. Dans les voyages qu'il fit à Paris, en 1605 el en 1607 ', il dut certainement, en compagnie de Diane, sa femme, rendre visite à son ancienne maîtresse. A cette époque, ces sortes de présentations ne choquaient personne, et le Vert-Galant en avait donné l'exemple à ses fidèles sujets, en faisant faire à Marie de Médicis la connaissance de Henriette d'Entragues.

L'esprit précieux et maniéré d'Urfé était bien fait pour plaire à Marguerite, qui goûtait tant le phébus. Elle devait surtout aimer le Siveine car elle raffolait de bergeries. C'est elle qui, en 1584, avait patronné lapremière traduction française de YAminte, faite par Pierre de Brach'', et c'est dans son entourage que le seigneur Du Mas ' prépara sa Lydie, « fable champêtre », décalquée sur la fameuse pastorale du Tasse". Plate imitation qui valut néanmoins à fauteur un dizain enthousiaste de son ami Mainard7. A propos de ces préférences

t. V. sur ce poinl outre Patru, Œuvres, p. 894, éd. 1081, cit. par S'-Poncy, Sicéron, Mémoires pour servir a l'histoire des hommes illustres, t. VI, pp. 222-2213.

2. Le premier livre des Êpllres, publié à Lyon, en 1598, in-12, est dédié au duc de Savoie. Les autres livres sonl dédiés à Marguerite. Le second livre publié on HiO.'i el le troisième en 161)8 à Paris, in-12 (chez Micard) ; la lettre dédicace à Marguerite est reproduite dans Ja réimpression donnée à Lyon en 1619 par .1. Lautrel. (Bibl. de l'Arsenal. — 13. L. 18918 A, in-8' ').

:>. Cl'. Revue de cours et conférences 11 mai 1903, cours de M. Lefranc sur ■ KL" rie.

i. Pierre de Brach dans ses Imitations, dédiées à Marguerite de France, reine de Navarre, 1581, Bordeaux.

5. Livres de trésorerie de Marguerite, Arch. Nat. KK 179, i" 36: « Du mesme jour (,'30 sept, 1608) baillé à Monsieur Du Mas, pour ses gaiges du présent quartier de juillet, aonst et septembre, et au commandement de sa Majesté, cent escus ».

6. Lydie, fable champé/re, imitée en partie de l'Amiuthe de Torquato Tasso, pur le s' Du Mas, Paris, Jean Millot, 1609, in-8.

"• Du Mas (|iie ta bergère est rare

Qu'elle m'entretient doucement, etc.

telle pièce, insérée dans le Recueil des plus beaux vers de Messieurs de Malherbe

de Marguerite, Balzac dit en plaisantant : « ,1e seray aussy composé, aussy doucereux, aussi fade qu'un courtisan de Henry troisiesme ou de sa sœur, la Rcyne Marguerite1 ». Aussi, en composant son Philandrc, le jeune secrétaire de cette reine eut-il grande chance de plaire à sa maîtresse. C'est môme peut-être sous son influence qu'il entreprit d'écrire ce poème qui reflète par certains cotés l'esprit régnant à l'hôtel de Sens. Au cinquième chant- s'engage un débal curieux. Florize doitelle rester à Philandrc qu'elle a cru mort et qui surgit au moment où l'on va célébrer le mariage de sa belle avec Lyridan, ou bien l'héroïne doit-elle suivre ce berger a qui, en dernier lieu, elle a promis sa foi? On croit percevoir l'écho de l'un de ces litiges de métaphysique galante, si fréquemment proposés par notre Vénus Uranie au cercle de ses familiers.

Quelques peintures fort licencieuses du Philandrc' trahissent la camaraderie de Mainard avec Régnier, le metteur en scène des « demoiselles du Marais » et de la fameuse Macette \ Ces passages trahissent encore les accointances de notre poète avec la bande des Berthelot, desMotin, des Sigogue, dont la verve ordurière s'épanche abonda minent dans ces ramas devers cyniques qui constituent comme les cabinets secrets de la poésie française du xvir siècle. Certes, ses nombreuses Priapées sont une preuve du penchant naturel de Mainard à porter son imagination sur des sujets graveleux, mais, il faut

Racan, Mainard, etc. Paris, Toussainct du Bray, 1630, a été reproduite par MM. Durand-Lapie etLachèvre dans leur brochure Deux homonymes, Fr. Maynarà et Fr. Ménard, p. 1>2, el par Le.dernier de ces auteurs dans sa Bibliogr. des recl collect. de poésies de 1007-1700.

1. Lettre du 30 octobre lOii à Chapelain, dans Tamizey de Larroque, Lettre^ inèd. de Balzac, p. 580.

Page 1