Cf. R, Kerviler, /. de Silhon, Paris, 1876, p
5. Jugement de tout ce qui a esté imprimé contre le cardinal Mazarin, depuis le si.riesme janvier jusques à la déclaration du premier avril mil six cent quarante neuf, s. 1., par G. Naudé, p. 238. (Cet ouvrage est connu sous le nom de Mascurat, parce qu'il est fait en forme de dialogue dont l'un des interlocuteurs porte ce nom).
gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi ■ . Ce n'est pas ce que Mainard espérait obtenir par ses dédicaces et ses vers louangeurs. Il souhaitait que Son Eminence, comme elle le fit bientôt pour Balzac et Chapelain, ordonnât l'insertion de son nom sur la liste des pensionnaires de l'Etat. Il pensait encore, et c'était un vœu qu'il avait formé depuis longtemps, que la bonne volonté « du prince de la justice » se manifesterait à son endroit par sa nomination à une intendance ou à une sousintendance2. On sait combien s'étaient multipliées depuis le ministère de Richelieu ces charges de délégués et de subdélégués royaux à l'effet de constituer un contrepoids à l'autorité des gouverneurs, de surveiller leurs faits et gestes, d'inspecter et de contrôler les institutions de justice, de police et de finances3. La presque unanimité de ces représentants du pouvoir exécutif étaient choisis parmi les gens de robe; aussi notre personnage « prestre de la déesse Thémis », pour parler comme Balzac, et récemment honoré du titre de conseiller d'Etat, avait tout lieu d'espérer que « Solon » lui 'conférerait une telle place. Elle n'aurait pas occasionné de débours à Mainard, car les intendances étaient soustraites à la vénalité des offices. Même le poste de sous-intendant, avec les appointements et les frais de voyage payés par les villes, était assez lucratif pour allécher la convoitise de notre auteur peu fortuné. Pourtant il semble bien que, peu de mois après son arrivée à Paris, Mainard se rendit compte de l'inutilité de ses démarches et de ses panégyriques. Ce vieillard avait désappris les leçons que la Cour lui avait données au temps de la reine Margot et de Henri le Grand. Confiné durant de longues années en Quercy et en Auvergne, vivant parmi « des brutaux de province )), sa gaucherie naturelle lui était revenue. Courtisan malhabile, même dans sa jeunesse, il se trouvait à cette heure
1. Charles avait accompagné son père à Paris. Pellisson parle des leçons de style que le vieux Fr. Mainard donnait à ce poète débutant et Balzac (Lettres inéd.) écrit à Chapelain, le 12 mars 1646 : « force gens me disent qu'il (Charles de Mainard) est très bien fait et de très belle espérance ».