Cf, Satire III, vers
revenaient sur ses lèvres et,, avec le sage Sénèque1, il prononçait mélancoliquement :
Qu'il est doux d'estre libre ; et que la servitude Est honteuse à celui qui peut estre son Roy2.
Le a désert » où il a vécu « dans un calme si doux », les pins qui « d'un si beau vert » couvrent « son ermitage » s'offrent en d'idylliques visions à ses yeux fatigués de la fausse splendeur des palais. Les refus qu'il a coup sur coup essuyés le rendent à ses anciennes résolutions, trop légèrement quittées. C'est là, à Saint-Céré, près des rochers du pays de ses pères, dans ces magnifiques forêts de chênes et de châtaigniers « où tout le satisfait et où rien ne l'importune », c'est là qu'est sa place et non au Palais-Royal où il s'amuse à courir après de décevantes chimères :
Je me veux dérober aux injures du sort ;
Et sous l'aimable horreur de vos belles ténèbres
Donner toute mon ame aux pensers de la mort'.
Et pourtant — faiblesse éternelle du cœur humain — malgré le froid accueil fait à son livre, le vieux poète ne considère pas la partie comme irrémédiablement perdue : il s'obstine à suivre la Cour à Fontainebleau '', comme ces joueurs malheureux qui, malgré la malechance, s'acharnent à tenter la fortune. Enfin il comprit ce que depuis longtemps il aurait dû comprendre et, au début d'octobre3, cette fois vraiment « las d'espérer et de se plaindre des grands, des Muses et du sort », partit pour Saint-Céré. Mais ses déceptions avaient été tro]