Cf. G. Reynier, o. c, p
2. Cf. clans V Amante, le chœur de la se. I de l'acte IV. Quand l'amour veut s'emparer d'un cœur chaste :
Prende l'aspetto de la sua ministra E sua nuncia pictate
son rival en le tuant ; il y réussira au cinquième. Lyridan correspond fort peu au Satyre de YAminte ou du Pcutor fido, au ravisseur qui veut obtenir par force ce qu'il ne peut espérer des agréments de son esprit ou de son physique, personnification de l'amour brutal et grossier. C'est plutôt une incarnation du Centaure de Braciolini auquel Mainard a donné une apparence humaine.
En résumé, les caractères de ce petit roman sont superficiellement décrits. L'auteur n'a fait que se jouer autour du cœur de ses personnages. Circum praecordia ludit l .
Les thèmes poétiques du Philandre sont les thèmes habituels de la pastorale. C'est l'exaltation de l'amour dont les délices ravissent les Dieux mêmes, qui punissent les personnes insensibles2. L'Amour a un pouvoir qui surpasse celui des Dieux puisqu'il surmonte la destinée et fait « tout tresbucher dessus la pointe de ses armes". Il déteste la tyrannie des maris et se joue de la science des magiciennes, de leurs philtres comme de leurs incantations '. Le parfait amant doit connaître (( les loys d'amour » : être constant, discret et ne jamais se mettre en courroux après une maîtresse, même si elle a trahi \
Le cadre où se déroule l'action est la nature. Ces bergers dont aucun mot ne nous rappelle les travaux rustiques B passent
1. Nous avons noté ailleurs, (1. I, chap. II, § 2) les discussions sur les points de morale amoureuse et les tableaux indécents du Philandre et nous les avons mis en rapport avec les entretiens de casuistique amoureuse ainsi qu'avec les mœurs et les propos dissolus de la cour de la reine Margot. Ajoutons que si dans le Pastor fido ou dans la Diane on disserte à perte d'haleine sur des questions sentimentales, il en est de même dans les romans de .1. Corbin, un familier de l'hôtel de Sens et dans les écrits de Nervèze, dont Mainard s'est moqué dans ses vers (cf. éd. Garriss., III, 201). — Cf. sur ce trait de la littérature de l'époque, G. Reynier, o. c, pp. 215 et s. Quant aux peintures licencieuses, Lingendes, qui fréquentait fort probablement l'entourage de Marguerite, les avait introduites dans ses Changements (Philène est témoin des embrassements de son rival et d'Iris).