Ibid., pp. 88 et
5. Ibid., pp. 86, 92, 93, 111. — Dans les Changements de la bergère Iris (deuxième chant) Philène s'attire la disgrâce de sa maîtresse qui le soupçonne à tort d'avoir été indiscret. — Pour la manière dont ces idées sont exprimées dans la pastorale, cf. l'ouvrage déjà cité de M. Marsan.
6. Seuls deux vers du Philandre font allusion aux occupations champêtres de l'un des personnages — encore s'agit-il de Palémon, père de Florize, qui joue
leur temps à conter leurs peines ou leurs joies aux rochers et aux bois. L'écho, les oiseaux et les zéphirs répètent leurs plaintes et les ruisseaux murmurent les propos qu'ils échangent 1 . Ils inscrivent leurs chiffres ou des vers enflammés sur des rochers ou sur l'écorce des arbres2, pleurent ou chantent auprès des fontaines aux eaux claires3, cachent leurs tendresses en des grottes tapissées de mousse. Ces motifs donnent lieu dans le poème de Mainard à des descriptions parfois enfantines, mais parfois aussi d'une couleur fraîche et agréable. Ces peintures de même que les propos des personnages sur l'amour sont des lieux communs de toutes les pastorales des xvie et xvne siècles en prose ou en vers, dialoguées ou non.
Dans la trame de son récit Mainard enchâsse des réflexions morales, des comparaisons, des images empruntées aux Latins dont les souvenirs sont présents à ce jeune auteur, frais émoulu du collège, ou dérobées aux poètes de la Pléiade et à leurs derniers imitateurs. C'est ainsi que Mainard traduit presque mot à mot une banale réflexion qu'il a trouvée dans Virgile :
Après les jours viennent les nuits
Après les joyes les ennuis
Et puis la mort qui tout renverse 4.
A la mode du xvie siècle, il renferme cette constatation dans des guillemets. Il procède de même pour la pensée suivante empruntée à Horace :
Les larmes n'ont pas le pouvoir De rappeler ça haut une ombre '.
Le souvenir de la gracieuse villanelle de Passerat : Tay perdu ma tourterelle emplit une strophe 6. Deux autres strophes "
un rôle fort effacé. L'auteur nous le montre en train de travailler dans son verger (p. 120) ; ailleurs en train de parquer son troupeau (p. 129).