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contiennent la comparaison du jeune homme, blessé au cœur sans qu'il s'en cloute par les regards d'une jolie femme, avec le chevreuil qui folâtre gaiement sans prévoir qu'un chasseur se dispose à le transpercer d'un trait cruel. C'est un sonnet des Amours de Cassandre qui a fourni à Mainard ce rapprochement qui, chez Ronsard, est un souvenir direct de Bembo1.
Il est parfois difficile de se rendre compte de la source précise de Mainard, attendu que le motif qu'il met en vers a été traité par plusieurs des écrivains qu'il a lus. Ainsi, dans un tercet final, Ronsard avait dit :
Comme un beau lis, au mois de juin blessé D'un rais trop chaud, languit à chef baissé, Je me consume au plus vert de mon âge2.
D'Urfé a repris cette image :
Je vis, ô pitoyable voir, Qu'en terre elle se laissa choir, Comme une fleur du chaut atteinte1.
Sont-ce les Amours de Cassandre ou est-ce le Sireine dont s'est souvenu notre auteur en comparant une bergère affligée à la fleur abattue et fanée par l'orage'? Est-ce encore aux vers de jeunesse de Ronsard ou à ceux de Desportes, de Bertaut et de Lingendes que l'auteur du Philandre doit ses innombrables métaphores sur les yeux de son héroïne? Comme dans les Amours de Cassandre et comme chez les derniers adeptes de la Pléiade, les yeux de la belle sont des vainqueurs, des rois qui rendent serfs ceux qui les regardent, des soleils qui réduisent
1. Rathery, Influence de l'Italie sur les lettres françaises, Paris, 18o3, p. 115, cite le sonnet des Amours de Bembo : Si corne suol poi chel'l verno aspro e rio qui a inspiré à Ronsard le sonnet : Comme un chevreuil quand le printemps détruit...
2. Amours de Cassandre, « Dedans un pré je veis une Naïade... »
3. Le Sireine, éd. de 1G12, p. 68, str. 2. — V. aussi p. 100, str. 3. — Il est évident que Mainard n'a pas eu en vue le flos succisus aratro auquel Virgile compare Euryale percé d'un coup d'épée (Enéide, liv. IX, v. 434), mais la modification que Ronsard et après lui un grand nombre de poètes, parmi lesquels d'Urfé, firent subir à cette image.