‹ Le poète François MainardChapitre 244 sur 375 · Philandre, p. 96, str. 2 et p. 101, str · texte numérisé non relu

Philandre, p. 96, str. 2 et p. 101, str

en cendres le cœur des adorateurs. En apostrophant l'Amour, Philandre s'écrie :

Tu vas marchant dessus mon cœur D'un piccl superbement vainqueur...1

Mainard s'est-il approprié un endroit de Ronsard :

Tn mis cruelle en signe de conqueste

Comme vainqueur tes deux pieds sur ma teste2

ou bien s'est-il souvenu de Bertaut :

La fierté de celuy qui vous emprisonnant

Vous va d'un pied superbe en triomphe tenant? '

A moins encore qu'il ne se soit rappelé ces vers de Desportes : Pourquoy si plein d'orgueil marches-tu sur ma teste?

Amour '

Des rapprochements que nous avons établis, il ressort que Mainard a subi dans le Philandre l'influence de Ronsard et de son école, à laquelle appartiennent aussi Lingcndes et d'Urfé dont les pastorales ont, en première ligne, servi de modèles à notre auteur.

Il serait fastidieux, pensons-nous, de relever les négligences de style, les impropriétés, le galimatias, les équivoques, les images ridicules qui ont trop souvent échappé à Mainard. Faisons observer seulement que le langage fade de ses bergers (belle cause de mon tourment, doux subject de ma souffrance, les douces blessures d'amour, etc.) est aussi celui des personnages de Lingendes et qu'en s'ingéniant à découvrir des antithèses puériles dans le goût de la suivante :

Que me sert ta faveur Amour Hélas ! si recouvrant le jour Je perds le subject de ma vie '.

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