‹ Le poète François MainardChapitre 245 sur 375 · Desportes, éd. Miehiels, p · texte numérisé non relu

Desportes, éd. Miehiels, p

o. Philandre, p. 57, str. 3.

LE PHILANDRE 3ë3

il ne fait que lutter de phébus avec l'auteur des Changements 1.

En comparant le Philandre avec les Œuvres de Fr. Ménard nous avons montré que le vocabulaire en est archaïque et que la grammaire en est vieillie. En 160G-1607, à l'époque où fut composé ce poème, Malherbe condamnait chez Desportes une foule d'expressions, de formes et de tours queMainard emploie. Le jeune auteur parle la langue retardataire de Desportes, qui est aussi celle d'Urfé et de Lingendes. Notons aussi dans les Changements de ce dernier poète, les archaïsmes, blandices (caresses), despandu(= dépensé), franchise (= liberté), impiteux, martircr, après que nous aurons repeu; soûlas; semondre, quant et quant, etc. ; les formes adjectivales flater esse, menter esse et les formes verbales il print, il aprint, ils vindrent ; l'absence de l'article devant le superlatif : Entre les arbres plus espais ; l'emploi des verbes aller et être avec des participes présents, exprimant la même idée que si le verbe était conjugué sans périphrase : ils estoient demeurants ; aller ar restant, etc.

La versification comme la langue du Philandre reproduit celle d'Urfé et de Lingendes. Au point de vue du nombre des vers, le poème de Mainard qui en a 2946 se rapproche davantage des Changements . — 3000 vers — que du Sireine qui en a 3600. Le mètre qui est l'octosyllabe, la strophe qui est le sixain et la disposition des rimes sont les mêmes que ceux de ses modèles. D'Urfé avait écrit son roman pastoral en sixains, constitués par un distique à rime masculine suivi d'un quatrain ; les vers de ce quatrain ayant une nouvelle rime masculine sont enclavés dans des vers à rime féminine2. Le schéma suivant représente cette disposition : a ,n, am, bf, c m, c m, bf.

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