Cf. éd. de 1023 de ce poème, f
Ton absence est bien ma mort Mais coste mémoire est ma vie f° 67 verso :
Et puis que je te vay perdant
Las ! pense en me manquant de t'oy Iris que je te pers par toy Me perdant encore par toy-mesme.
D'Urfé se montre très sobre dans le choix d'agréments tels que ceux qui faisaient les délices de Mainard et de Lingendes.
2. M. Pli. Martinon {Note sur le Philandre attribué à Fr. Maynard dans la Revue d'tlist. litt., juillet-sept. 11)08) rappelle que c'est la forme des Mimes de Baïf.
Lingendes et Mainard adoptèrent la forme métrique employée par l'auteur du Sireine. On dirait qu'à peine constitué le roman pastoral en vers a choisi le moule qui lui convenait le mieux. Il en avait été de même pour l'églogue italienne qui, à la fin du xve siècle, abandonne la terzina pour Vottava1.
Tout comme d'Urfé et Lingendes, Mainard se sert de rimes défectueuses, remplit ses vers d'hiatus et de chevilles et se permet des élisions forcées et de lourds enjambements 2. Dans sa note sur le Philandre, M. Martinon concède que la versification d'Honoré d'Urfé est fautive, mais assure que celle de Lingendes « est parfaitement correcte ». Il est impossible d'attribuer cette qualité à un poème où l'on rencontre non seulement des associations de rimes dont les voyelles sonores sont de quantité différente : goûte (verbe) — goutte (subst. : la maladie) mais encore des assonances en guise de rimes :
Je contrefis meilleure mine
Semblable au criminel pourtant
Qui demy mort feint le contant
Alors qu'on le meine au supplice3 (f. 72).
Et que dire de vers « suspendus », pour employer une expression de Malherbe, tels que le suivant :
Car je ne cherche que l'honneur
De l'aimer et non le bonheur (f. 56, v.).
ou de chevilles telles que :
Si desja, si desja je voy
Que tu ne veux plus estre mienne (f. 66).
Allons donc (me dit-elle alors)
Et tu verras dessus son corps (f. 56).
Tu ne m'en voudrois pas jurer
(Luy dis-je alors) ny m'asseurer (ibid.).