Stances. — Le dernier de mes jours... v
o. Pour Alcandre, 1" pièce, st. 4 ; cf. aussi Epitaphe du duc d'Orléans, v. 1 et Au roi sur son voyage de Sedan, st. 10.
Des attaches nombreuses lient Malherbe à ce passé littéraire qu'il méprise et avec lequel il veut rompre. Le bouquet fané de ses poésies amoureuses, il Ta composé de fleurs dérobées au jardin des Ronsardistes et des Pétrarquistes et notamment à celui de Bertaut1. Uuoi d'étonnant à ce que ses « écoliers » conservent, en dépit de ses critiques et de ses moqueries, une part notable du bagage des derniers représentants de la poésie française du xvie siècle? Ces disciples constatent que l'usage de leur maître n'est pas toujours conforme à sa doctrine2 et qu'il met en coupe réglée les auteurs qu'il condamne sévèrement. Encouragés par son exemple, Racan et Mainard continuent à pratiquer les ouvrages de leurs premiers éducateurs littéraires.
Même, l'influence de ces derniers et surtout celle de Bertaut leur arrive indirectement par l'œuvre de leur maître. A la manière antithétique de l'abbé d'Aunay et usant comme lui de la répétition des mêmes termes, son contempteur s'écrie :
11 faut que je cesse de vivre Si je veux cesser de souffrir1.
Et Mainard de dire après lui :
Mais je crains qu'en cessant de vivre Je cesse de vous adorer4.
Transportant à l'adjectif verbal mort la comparaison chère à Bertaut des noms qui ne sont pas susceptibles d'être employés comparativement, Malherbe a dit avec beaucoup de mauvais goût :
Plus morts que s'ils étaient morts.
On retrouve le même vers à la fin de l'une des premières épigrammes de Mainard5.