Ed. Garriss., t. III, p
4. Dans son Chant nuptial sur le mariage d'Henri IV avec Marie de Médicis, le futur évoque de Séez avait dit au roi (éd. Clienevière, p. 47, v. 21) :
Brûlez dedans le feu que ses grâces allizent.
5. Dans la stance XVI de sa pièce sur la naissance du Dauphin (1601), Bertaut (p. 53) souhaite à Henri que Louis assujettisse l'Europe avant que :
Desja chenu par l'âge il succède à Ion lieu. De même Mainard prédit à Anne d'Autriche qu' « avant de porter la couronne le Dauphin aura vieilli dans la gloire ».
6. Cf. Malhcrhe, Ode sur l'attentat commis en la personne de Henri le Grand, str. 4.
Et que si de celte couronne („)ue sa lige illustre lui donne...
7. Ed. Garriss., t. III, p. 90 : Je traisne ma vie en lanf/ueur... Cf. Bertaut, p. 353, v. 10: J'use ma vie en langueur.
avait également employés. Pour payer sa dette de reconnaissance, Mainard associe dans un vers de son épître à Flotte le nom de Bertaut à celui de Malherbe, les nomme tous deux ses maîtres et les considère comme les représentants de la bonne et saine poésie.
A en croire « les écrivains à la mode » :
Les maistres cpie j'ay suivis Sont indignes de mémoire Et Malhcrbcs et Bertaux Ont laisse toute leur gloire Dans le siècle des courtaux 1.
Racan lui aussi met Bertaut sur le même plan que le réformateur. Les gens qui n'ont fréquenté que les collèges, dit-il, dans sa harangue prononcée le 9 juillet 1n\>;> à l'Académie française, « ne craignent point d'appeler divin et incomparable le plus fin galimatias de Pindare et de Perse, et se contentent d'appeler agréable et jolyles vers miraculeux de Berthaut et de Malherbe2 ». Peu après cette date, Saint-Evremond, dans sa Comédie des Académistes, fait tomber des lèvres de Colomby ces paroles désabusées :
Malherbe ne vit plus, Bertaut n'est plus au monde D'ignorance et d'erreur toute la terre abonde \
Et pour mieux marquer l'admiration vouée par Colomby au rival de son propre cousin, Saint-Evremond lui fait répéter un vers de Bertaut, trait dont la malice a échappé, ce nous semble, aux critiques d'aujourd'hui, mais qui égaya le public des environs de 1640, lecteur assidu des poésies de l'abbé d'Aunay.
De même que les vers amoureux de Malherbe et de Racan, ceux de notre auteur se ressentent beaucoup de l'influence des derniers représentants de la poésie française du xvie siècle. Cependant, à la différence de son maître, à l'âge où celui-ci
1. D'après les Pièces nouvelles de 1G38. Dans sa lettre CXL ce vers présente la var. suiv. : Les Malherbes, les Bertaux. Le texte définitif (t. HT, p. 202) porte Et cesgrands originaux.