‹ Le poète François MainardChapitre 259 sur 375 · Ed. c., t. I, p · texte numérisé non relu

Ed. c., t. I, p

3. Le dernier des vers cités appartient aux stances amoureuses de Bertaut, p.. 332, v. 14.

soupire eocore « ou pointes fades ses fausses amours 1 >>, Mainard s'est dégagé depuis longtemps de l'imitation gauche et étroite de Desportes et de Bertaut. C'est avec des accents personnels et sincères que, dans la Belle vieille, il exprime sa passion. S'il glisse dans son chant quelques modulations qu'il a entendues ailleurs, il les harmonise au ton de son morceau et il en fait oublier la provenance en les fondant habilement dans l'ensemble de sa pièce.

A peine était-il devenu l'élève de Malherbe que notre autour s'essaie dans le genre où son maître s'était acquis une extraordinaire réputation. Son ode pour célébrer les bienfaits du règne d'Henri IV date de 1608 ou de 1609 2 et celle sur la mort de ce roi ', bien que publiée seulement dans le Becueil des plus beaux vers de 1626, a, sans aucun doute, été écrite en 1610.

Dans la première de ces pièces, Mainard a en vue l'ode de Malherbe à Marie de Médicis sur sa bienvenue en France. Après avoir glorifié les mérites et les succès d'Henri, Mainard le supplie, maintenant que le calme règne dans le royaume, de ne plus exposer sa vie dans les batailles; la fortune est incertaine et le sort des Français, privés d'un roi tel que lui, serait lamentable :

Puisque nos troubles sont calmes Repose à l'ombre des palmes Où ta vaillance t'a mis.

C'est dans les mêmes termes que Malherbe avait invité la reine à ne pas laisser son époux « provoquer l'envie du mauvais sort » contre son existence :

Et puisque, selon son dessein, Il a rendu nos troubles calmes S'il veut davantage de palmes Qu'il les acquière en votre sein *.

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