‹ Le poète François MainardChapitre 260 sur 375 · Ed. Garriss., t. II, p · texte numérisé non relu

Ed. Garriss., t. II, p

i. Cf. str. 24-27 de Mainard et str. lo-2i de Malherbe.

Suivent chez Malherbe une série de madrigaux, fort déplacés et d'un goût déplorable, qui ne manquent pas d'inspirer notre poète. « La prison des cheveux » de Marie est devenue chez lui « la prison des cheveux » des demoiselles de la Cour et si Mainard n'a pas comme son maître parlé de la « braise » des yeux de la reine, il a vanté « l'amorce des grâces » de ses filles d'honneur1. Après avoir transcrit jusqu'aux moindres particularités du poème de Malherbe5, il termine sa pièce par des prophéties renouvelées de son modèle sur les futures victoires du Dauphin ».

Il en est de même de son ode sur la mort d'Henri. Mainard y copie l'ode de Malherbe sur l'attentat commis en la personne du roi à la fin de 1605. Les imprécations contre les criminels sont presque les mêmes. L'apostrophe de Malherbe au soleil qui éclaire encore le théâtre d'un crime si atroce a servi à Mainard pour son invective contre les Dieux qui ont permis au régicide d'accomplir son forfait. La correction ridicule de Malherbe — le « grand luminaire » était couché au moment de l'exécution du crime — a son correspondant chez notre auteur : « il ne faut pas accuser les Dieux ; les mérites d'Henri étaient si élevés que les immortels ont voulu le placer à leurs côtés4. » Comme Malherbe encore, Mainard rend à la fin de son ode des oracles favorables pour l'avenir du Dauphin.

1. Cf. str. 21 de Malherbe et 13 de Mainard. La str. 12 où notre auteur félicite Henri d'avoir à la place de la tristesse de naguère de la Cour amené le « bal, les jeux et les festins » rappelle un passage de l'ode de Ronsard à Henri II sur la paix de looO :

Tu nous rameines le jeu

Le bal et l'amour des dames...

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