‹ Le poète François MainardChapitre 264 sur 375 · Ode de bienvenue à la Reine, sir · texte numérisé non relu

Ode de bienvenue à la Reine, sir

'k. Cf. éd. Garriss., t. III, p. 198, str. 7-8,

408 LE POÈTE Fit. MAINARD

crié le vieux courtisan à Louis XIII1 ; Mainard jette à Richelieu une apostrophe semblable : « grand homme, le plus grand des hommes2 ! » Le monarque est un Mars ou un Alcide dont « la foudre » brise la tête des rebelles'. A l'égal d'Henri qui mérite, selon Malherbe, « le second lieu dans nos temples », on devrait élever, proclame Mainard, des autels aux vertus d'Armand': Cette enflure devient particulièrement désagréable quand elle s'applique non plus au roi ni à son premier ministre, mais au duc de Bejlegarde ou à Charles de Noailles J.

La mythologie offre à Mainard les mêmes ressources qu'à Malherbe. Pour ces esprits de peu d'invention, les fables des anciens sont un magasin de métaphores, de comparaisons et d'exemples qui viennent en aide à l'inspiration chancelante et qui cachent sous des agréments à portée de la main la maigreur du sujet.

Ainsi notre auteur étolîe-t-il son ode à Monlmorency d'une description des coursiers que Neptune réserve à son héros et d'une description de la cuirasse que lui forge Vulcain — deux strophes 6 qui sont de purs hors-d'œuvre et n'ont d'autre raison de figurer dans cette pièce, fort courte par elle-même, que celle de lui donner plus d'ampleur.

Remarquons toutefois que Mainard emploie les fictions mythologiques avec plus de mesure que le chef de la nouvelle école. A ses débuts, notre poète amasse dans une seule ode tous ses souvenirs de collège. Il y entasse Castor et Pollux, Pelée et Amphion, Astrée et Bellone, Mars et Vulcain, Cénée et les Centaures, les antres de Lipare et les ondes d'Achéron7. Par la suite, son érudition pédantesque se modère, les fictions mythologiques n'envahissent plus, comme chez Malherbe, les deux

1. Pour le roi allant châtier la rébellion des Rochetois, str. 17.

Page 1