‹ Le poète François MainardChapitre 267 sur 375 · Cf. t.II, pp. 224 et · texte numérisé non relu

Cf. t.II, pp. 224 et

4. Cf. liv. I, chap. VII, § I de cet ouvrage. Nous y montrons que le Nouvelliste est de 1635 et le Magistrat de 1634.

5. Dans un exemplaire des Œuvres de 1646, appartenant à la Bibl. de l'Arsenal, l'ode qui figure à la p. 163 du t. III de l'éd. Garriss., porte le titre le Poltron qui

Il est visible que le poète a voulu devenir, comme bientôt il s'appellera lui-même, « l'épigrammatiste de France1 ». Il s'est aperçu qu'il lui était difficile de disputer à Malberbe les sommets élevés du lyrisme, que l'on ne cessait de considérer Bertaut comme maître des stances et des cbansons amoureuses et qu'il était unanimement convenu que Régnier était celui de la satire. Aussi s'avise-t-il de faire sien le domaine de l'épigramme que personne encore ne s'était arrogé. « Jette-toi à ces plaisantes épigrammes à l'imitation d'un Martial » conseillait du Bellay aux poètes dans sa Deffence de la langue françoùe. Mais l'appel du théoricien de la Pléiade n'avait été que peu suivi. En s'adonnant avec tant d'ardeur à l'épigramme, Mainard remontait au delà de la Pléiade, à Marot et* à Saint-Gelais qui, d'ailleurs, ne cultivèrent pas ce genre avec le même entrain que notre auteur.

C'est aussi à partir de 1626 que Mainard donne les vers où il a manifesté son originalité : élégies, chansons bachiques, épîtres rimées2. Enfin, à la fin de sa vie, il écrit en même temps que ses meilleurs morceaux — sa longue épître à Flotte (1638), l'élégie à la Belle vieille (1G44), l'ode morale à Alcipe (1642), — un groupe important de sonnets.

Comme les quatorze vers du sonnet constituent en somme /A une strophe un peu ample, le talent de demi-lyrique de Mainard et son haleine qui s'essouffle vite s'en accommodent à merveille. Nous entendons parler de ses sonnets en alexandrins ou en décasyllabes — mètre ordinaire de ce poème à forme fixe — car Mainard n'a pas osé donner ce nom à ses épigrammes de quatorze vers octosyllabiques. Notre poète avait commencé par écrire des sonnets réguliers, comme le prouvent les

manque dans la plupart des exemplaires. Mainard reproduit pour la première fois un quatrain de cette ode dans sa lettre CLX de novembre 1639.

1. Pour moy qui suis tousjours l'épigrammatiste de France, je cherche dequoy faire rire la compagnie et Dieu veuille que ce ne soit pas à mes despens » (cf. lettre XXIV).

2. Ainsi l'élégie : L'astre du jour a beau sortir de l'onde (t. III, p. 171), la chanson : Je ne puis souffrir les esprits (t. III, p. 177) et l'épître à Cléon (t. II, p. 193) ont paru tout d'abord dans le Recueil de 1626.

sept sonnets des Délices de 1615 \ A l'exemple des poètes bernesques et burlesques italiens il adopta ce cadre poétique pour ses épigrammes, en se servant de l'octosyllabe employé déjà par Malherbe dans l'épitaphe de Mlle de Gonti (morte en 1610) ou dans celle du duc d'Orléans (mort en 1611). Enfin, de même que Malherbe avait introduit la disparité des rimes dans les quatrains de certains de ses sonnets (ainsi dans ceux du sonnet de 1608 : Voyant ma Caliste si belle ou de celui de 1611, à Louis du Maine), Mainard prit la môme liberté dans ses épigrammes de quatorze vers, encouragé par son maître qui répondait à ses critiques : « Si ce ne sont des sonnets, ce sont des sonnettes2 ». Notre auteur revient dans les sonnets composés"vers Ta" fin de sa carrière au décasyllabe et à l'alexandrin, mais conserva l'habitude de construire, en dépit de la règle, ses quatrains sur des rimes différentes. Il opposait aux reproches qu'on lui adressait au sujet de ses sonnets « licencieux », une réponse analogue à celle de son maître : « Si ce ne sont des sonnets, ce sont des épigrammes3 ». Mainard aurait pu toutefois se réclamer des sonnets à Francine de Baïf et même, comme le montre Colletet, de certains sonnets de Ronsard qui sont aussi irréguliers que les siens 4.

Dans la préface dont il orna le volume de 1646 de son ami, Gomberville a eu tort d'avancer que tous ses sonnets étaient « autant de petits panégyriques consacre? à l'immortalité des premières personnes de nostre temps ». La plupart de ces petits poèmes sont, il est vrai, des odes politiques et laudatives en raccourci. Ainsi ses sonnets au roi, à Séguier, à Mazarin ou ceux dans lesquels il louange des écrivains du

1. V. ces sonnets des Délices dans l'édit. Garriss., t. II, pp. 164, 165, 168, 192, 234, 235 et Durand-Lapie et Lachèvre, Deux homon., p. 71.

2. Cf. Racan, Vie de Malh., éd. c, t. I, p. 263. Les sonnets « licencieux », composes par Mainard du vivant de Malherbe et qui nous sont parvenus, sont : Chris vit sous tes dures lois et Muses j'adore vos chansons (t. III, pp. 76 et 84) insérés dans le Becueil de 1626 ; peut-être aussi Paul vous estes le capitaine (t. III, p. 85) du Recueil de 1630. Quant à l'épigramme Nicole est un mauvais parly (t. III, p. 86) qui dans l'édition définitive des œuvres de Mainard a 14 vers, elle était dans le Recueil de 1626 un dizain.

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