Pellisson, o. c
4. G. Colletet, Traité du sonnet, Paris, 1658, pp. 70 et suiv.
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temps, Boisrobert ou Chapelain1. Mais il en est qui sont de véritables élégies comme ceux où il exprime son dégoût de la Cour ou sa douleur de voir le peu d'encouragements donné à sa Muse2. D'autres sont des satires virulentes à la manière de Juvénal, ou des épigrammes ou encore des railleries analogues à certaines priapées '. Le ton de certains sonnets rappelle celui de ses chansons bachiques et l'allure de certains autres les rapproche de ses épîtres en vers'. Quelques-uns sont des épitaphes \ tandis que d'autres sont des pièces de circonstance ou des compliments galants ,:. Dans certains enfin, le poète s'est élevé aux méditations morales et philosophiques de son ode à Alcipe: tels sont le sonnet à Carmain ou celui dans lequel il exhorte son âme à penser à Dieu7. On voit qu'à la fin de sa vie Mainard a fait entrer dans le cadre du sonnet toutes sortes d'inspirations.
JI
Tout autant que Malherbe, Mainard mérite le reproche que Régnier adressait aux poètes de la nouvelle école : il est « faible d'invention ». Notre auteur se répète souvent et dans les mêmes termes ; le nombre de pensées qu'il met en œuvre est limité ; le cercle d'idées dans lequel il évolue est, bien que varié, assez restreint ; enfin la plupart du temps il ne fait qu'emprunter aux autres la matière première de ses œuvres.
Ces redites de pensée et de style se remarquent aisément dans le petit volume de vers de 1646. « Si tu as foi en Jésus, dit le poète à son âme, espère tout et n'appréhende rien* », mais il déclare aussi à Louis XIII qu'au Louvre le mérite « espère
1. Sonnet à Boisrobert, t. III, p. 57 ; sonnet à Chapelain, t. III, p. 46.
2. III, pp. 15, 47 et 50. De môme le sonnet à Tallemant sur la mort de sa sœur. ibid, p. 25.