‹ Le poète François MainardChapitre 269 sur 375 · III, pp. 41 et · texte numérisé non relu

III, pp. 41 et

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tout et ne craint rien ». La formule lui plaît puisque précédemment il avait certifié à Richelieu que sous ses faibles prédécesseurs les factieux « ozoient tout et ne craignoient rien » et que, dans une épigramme, il accuse un avare de « prendre tout et de ne donner rien ' ». Ce n'est pas seulement son « fou mélancolique » qui compte « ses mots et ses pas » et qui (( crache mesme avec compas » ; son magistrat ridicule a le même travers, relaté d'une manière identique \ Le point de départ de cette raillerie se trouve dans des vers satiriques de Touvant à l'adresse d'un courtisan. — S'il remercie son ami Aynac de lui faire goûter dans son village a toutes les douceurs de Paris », il souhaite aussi à son voisin, le comte de Grussol, de :

treuver dans sa solitude

Toutes les douceurs de Paris3.

A plus forte raison, lorsque Mainard rencontre chez un auteur une pensée qui lui plaît, il la place dans plusieurs de ses vers. Ainsi, se souvenant que Desportes avait, en badinant un peu, certifié à Rémy Relleau qu'un Dieu doit être l'auteur de sa Bergerie « car un homme mortel ne scauroit si bien dire », Malherbe avait gravement déclaré à La Geppède que l'esprit du Tout-Puissant lui avait inspiré son livre de la Passion et avait appris aux médisants que la Somme théologique du P. Garasse est une œuvre de Dieu : « Garasse n'a fait que l'écrire4 ». Or c'est ce que répète Mainard à Charles de Noailles :

1. III, p. 358. Ode à Richelieu, var. de 1033. — Ibid., p. 123, Paul rougij de ton avarice.

2. III, pp. 124 et 161, prem. quatrain. — Sur le sonnet « à un courtisan » paru dans le Parnasse de 1607 et que nous avons attribué à Touvant, v. p. 66, note 1 de cet ouvrage.

Tu veux contrefaire le sage Penchant la teste par compas :

Contant et mesurant tes pas...

Quelques lignes de sa lettre CXCVII à Flotte montrent que Mainard a eu en vue cet endroit : « Pour les vers qui mordent une personne que nous honorons vous et moy je vous ay desjà dit qu'ils sont de la façon d'un Normand appelé Touvan ».

3. III, pp. 66 et 221. — Cette pensée est inspirée par Martial qui, retiré à Bilbilis, remerciait sa femme Marcella : liomam tu mi/ii sola facis (liv. XII, ép. 21).

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