‹ Le poète François MainardChapitre 275 sur 375 · Liv. I, épigr · texte numérisé non relu

Liv. I, épigr

2. Mainard, On ne me revoit plus chez vous... (t. III, p. 99); Tu me presses de te dire... (ibid., p. 140): cf. Martial, liv. XII, épigr. 7 et 93. — Mainard, Imitation d'une épigr. d'Auguste (Durand-Lapie et Fr. Lachèvre, Deux homon., p. 110) ; cf. Martial, liv. XI, épigr. 20. (Le sic dont les critiques cités accompagnent l'intitulé de cette pièce n'a aucune raison. Martial donne son sixain comme étant de César Auguste).

3. Mainard, t. III, p. 105. — Are tin, ftagiona menti, giornata prima délia sec. parle, cité par l'annotateur anon. de l'ex. des Œuvres de 1616 de Mainard, de la Bibl. de l'Arsenal. — On retrouve l'idée de celte épigramme dans Martial, liv. I épigr. 58 et dans Ausone, épigr. 39. Les v. 7-8 de la pièce d'Ausone ont inspiré à Marot son épigr. 167 : Un doux nenny avec un doux sourire.

4. Mainard, t. III, p. 99. — Martial, t. VIII, épigr. 69. Comme traductions au moins égales à leurs modèles, cf. les épigr., t. III, p. 101 (ou t. II, p. 279 qui en est une var.) et t. III, p. 108 de Mainard avec les épigr. 43 du liv. III et 20 du liv. I, de Martial,

Avec de pareilles traductions nous entrons déjà dans la seconde manière d'imitation de Mainard. Peu à peu, il s'est affranchi de la docilité avec laquelle il s'était tout d'abord appliqué à copier les textes ; il s'efforce maintenant d'acclimater ses emprunts ; bientôt il va rivaliser avec son modèle, en le complétant et en l'amendant; enfin, il le surpassera en l'enrichissant et en le transformant de telle manière qu'il lui donnera une empreinte toute personnelle.

Il est évident que les pièces où Mainard cherche à accommoder les pensées étrangères au goût de ses compatriotes, en remplaçant par exemple les détails caractéristiques de la civilisation romaine par des traits propres aux Français du règne de Louis XIII, témoignent d'un progrès faible, sans doute, mais incontestable dans l'imitation. Certains de ces changements s'imposaient avec trop de force pour qu'il faille en féliciter notre auteur. C'est ainsi qu'en traçant, d'après Martial, le portrait du coureur de dîners qui, pour s'attirer une invitation, pique la curiosité des gens en leur débitant de mirifiques nouvelles, Mainard attribue à son écornifleur des contes sur les démêlés contemporains des Pays-Bas avec l'Espagne et sur les vaisseaux qui mettent à la voile pour l'Amérique, tandis que l'épigrammatiste latin faisait discourir le sien sur la politiquedu roi des Parthes et lui faisait dénombrer les navires qui avaient quitté la Libye1. C'est ainsi encore que le savetier enrichi de Martial déguste du Falerne dans ses domaines de Praeneste, possédés naguère par son patron, tandis que le marchand de bottes de Mainard, fier de sa fortune récemment acquise, fait creuser dans son parc, aussi beau que celui de Richelieu à Rueil, un canal magnifique ; ce parvenu ronfle sur des sachets d'ambre et se sert de vaisselle de vermeil".

Mais il y a déjà dans certaines des imitations de cette catégorie, non seulement une louable tentative de rattacher le

Page 1