‹ Le poète François MainardChapitre 279 sur 375 · Dans les Jeux de l'inconnu, Paris, 1645, p · texte numérisé non relu

Dans les Jeux de l'inconnu, Paris, 1645, p

Je ne sçaurois souffrir cette licence Ma raillerie est pleine d'innocence Et ne fait point de criminels d'Estat '.

De même son envoi au comte d'Ayen du portrait du Magistrat et les conseils qu'il donne à Charles de Mainard de suivre l'exemple de ses aïeux imitent seulement l'allure du début d'une épître d'Horace et de l'épigramme dans laquelle Ausone rappelle à son fils les Fastes qu'il avait composés2.

C'est dans son ode ou plutôt dans sa longue épître à Flotte3 que ce procédé d'imitation de Mainard se révèle d'une façon caractéristique. La pensée autour de laquelle gravite cette spirituelle production est, nous l'avons montré ailleurs, la glorification de la valeur militaire aux dépens du talent des poètes ; c'est aux guerriers que les récompenses doivent aller et non à de pusillanimes poètes, que Mainard appelle en se souvenant de Tertullien « lions dans un sonnet et cerfs dans une bataille » \ Ces derniers auraient-ils pu chasser hors du royaume les Croates de Jean de Werth ou les troupes espagnoles de Serbelloni ? Que les rimeurs ne comptent plus sur les largesses du roi ; il n'y en pas de trop pour ses braves soldats ! — On s'aperçoit que notre auteur s'est inspiré fort librement de la réprimande que le père de Régnier adresse à son fils pour le détourner des Muses :

Un mesme astre toujours n'esclaire en ceste terre Mars tout ardent de feu, nous menasse de guerre

1. III, p. 28. Cf. aussi les deux derniers quatrains de l'épigr. à La Tibaudière.

2. Mainard, t. III, p. 158, str. 2 du Magistrat et Horace, épître II du liv. I. — Mainard, ode à Ch. de Mainard, t. III, p. 181, str. 4-6 et Ausone, v. 5-10 de l'épigr. citée. — Cf. aussi les str. 17 de l'ode à Ch. de Noailles, t. III, p. 235, et Martial épigr. 26, liv. I, v. 1-2 ; — En revanche, il y a dans l'ode précitée à son fils certains passages imités de Testi, A Giulio Testi, mio fîglio, Esortazione aglistudj poetici (Poésie liriche,Modana, 1636, p. 71) ; cf. les str. 15, 16 et 18 de Mainard avec les str. 8 et 9 du lyrique italien :

Già non pensar' (e dal mio osempio impara) Di cumulai- lesori a suon di Celra :

Trarran forse tuoi carmi o pianta, o pielra ; Oro non già : troppo è l'ctate avara.

Se ne tumulti del rabbioso foro L'ire vender volessi, e le parole Ben si vedresti in un girar di sole Pioverti innanzi al pie procelle d'oro.

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