Ed. Garriss., t. III, p
4. Il affirme lui-même dans sa 1. CXXIX que ces vers sont pris « d'un lieu de Tertullien où il y a in bello cervi, in pace leones ».
Pense- tu que le luth et la lyre des poètes S'accorde d'harmouie avec (que) les trompettes Les fiffres, les tambours, le canon et le fer, Concert extravagant des musiques d'enfer? Toute chose a son règne '
Mais en vantant les exploits récents des Français, Mainard s'échauffe ; il s'indigne contre la maison d'Autriche ; il invective les Espagnols et leur prédit les malheurs qui s'abattront sur leur pays. Restera-t-il longtemps dans les hauteurs où un coup d'aile audacieux l'a élevé ? Avec un sourire charmant, il se dit bien vite que son envergure ordinaire ne s'éloigne pas tant de la terre et qu'il présume trop de ses forces :
Mais où vay-jq, pauvre rimeur?
Voy-je pas que je m'égare ?
Quoy ! me voici dans l'humeur De m'eslever sur Pindare !
Bizarrement agité Je perds la timidité Dont mon âme estoit si pleine Et veut devancer les pas.
Des sçavans à qui Mécène Faisoit de si bon repas ! 2
Non, il ne « devancera pas les pas » de l'ami de Mécène. Horace lui aussi recommandait à sa Muse de prendre un essor moins hardi. A la fin de sa belle ode Jwlum el tenacem proposili virum\ il présage aux Romains de glorieuses destinées; l'enthousiasme le saisit et il plane très haut dans les airs. Tout à coup, avec une ironie délicieuse, il interpelle sa Muse, peu accoutumée à de pareilles envolées :
Quo Musa tendis ? Desine pervicax Referre sermones Deorum, et Magna modis tenuare parvis.
On saisit la ressemblance de ton entre le poète français et son modèle latin ; chez l'un comme chez l'autre, c'est la môme