Ed. Garriss., t. III, p
Chez les roys du pais latin Dont le sceptre est une férule.
Dorénavant il n'y a plus à noter de ressemblance entre l'état définitif du morceau de Mainard et l'épigramme de Martial. Pour calmer la fièvre qu'a son livre de voir le jour, notre auteur l'avertit, non seulement comme le fait Martial, des dangers qu'il court à cause de la sévérité des critiques, mais encore lui montre que ses propres mérites risquent de le faire mal accueillir. Chose piquante, ces qualités se trouvent être celles que Régnier, dans sa satire contre Malherbe et son école1, exigeait des bons poètes et ne rencontrait pas chez les novateurs. Les « divins esprits » n'enjolivent pas leur Muse ni n'en maquillent le visage « de cernse et de pcautre » ; leurs vers, dont la grâce est naturelle, n'ont pas besoin de « blanc d'Espagne » ; leur poésie est belle dans sa simplicité. Or Mainard, en signalant à son volume les exigences des amateurs de langage ampoulé et pompeux, le sermonne de la sorte :
Tu n'esbloùis pas tes lecteurs Avec la ceruse et le plâtre D'ont la plupart de nos auteurs Fardent leurs pièces de théâtre.
Ta Muse treuve tant d'appas A se promener à son aise Que les cothurnes ne sont pas Une chaussure qui lui plaise.
Peines perdues. Son petit livre demande obstinément à être confié aux libraires. Et le poète de lui dire avec ironie dans la version primitive de sa pièce :
Va donc mettre bas mes lauriers Devant la critique moderne Et fay que par tous les courriers Je sçache comme elle te berne2.
Flotte, à qui Mainard avait, au début de 1641, envoyé cette petite pièce, fit ses réserves sur cette strophe. Tout d'abord notre auteur se mit en colère et à grand renfort de citations