Paraphrase du psaume CXLV
436 LE POÈTE FR. MAINARb
Belle image encore et qui est neuve sur l'espoir trompeur dont on s'est fait une idole :
Alcipe revient dans nos bois Tu n'as que trop suivy les rois Et l'infidelle espoir dont tu fais ton idole.
Oui, qu'Alcipe rentre chez lui ; la vieillesse vient d'ailleurs l'avertir de se préparer à quitter les plaisirs « dont la molle douceur lui fait aymer la vie ». C'est le thème horatien bien connu que le poète va traiter. Pourtant, en marchant sur les pas d'un autre, son originalité éclate. Pour rendre l'arida canities qui chasse les amours folâtres et le sommeil 1, il parle du
...temps qui tousjours vole Et qui d'un triste blanc va peindre tes cheveux.
Ce contraste entre la couleur messagère de la joie et de la félicité et les chagrins ou les souffrances que, cette fois, elle annonce est, comme le fait ressortir Costar, des plus frappants. Et plus loin notre poète a su bien mieux que Malherbe rendre ce qu'il y a de tendrement mélancolique dans le
Linquenda tellus, et domus, et placens uxor.
Dans ses stances aux ombres de Damon, Malherbe avait déclaré d'une manière assez abstraite :
Et de toutes douleurs, la douleur la plus grande C'est qu'il faut laisser nos amours.
Malherbe a oublié le mot placens qui précise si heureusement les regrets du poète latin. Notre auteur le rend avec beaucoup de finesse, comme le remarque Costar, en remplaçant l'épouse qui, dans la plupart des cas, n'inspire que de l'amitié, par la maîtresse que l'on adore d'une passion plus enflammée et dont la séparation au moment des adieux suprêmes est plus déchirante :
Il faut quitter Filis, Amarante et Sylvie A qui ta foie amour esleve des autels.
Contre la destinée qui est implacable le poète se raidit avec