Horace, ode 14, liv. II, v
de stoïques pensées. Mourir est le sort commun des hommes fussent-ils les monarques les plus puissants : C'est une loy non pas un châtiment.
Les villes les plus superbes d'autrefois ne sont que poussière, les dieux sont comme nous soumis à la loi du trépas. Comment se refuser à périr quand l'univers même ne saurait échapper à l'anéantissement !
Dans sa strophe finale, Mainard dépasse en horreur grandiose la peinture du cataclysme universel que donne l'Hercule sur
l(Etay.
Amissum trepidus polo Titan excutiet diem Cœli regia concidens Ortus atque obitus trahet. ..
Quis mundum capiet locus Discedet via Tartari Factis ut pateat polis ?
Mainard anime ce tableau; prêtant une âme à l'univers, « brûlé des feux dont il est éclairé », il le fera courir affolé à travers les espaces, sans savoir quel sera l'endroit de sa chute :
Le grand astre qui l'embellit
Fera sa tombe de son lit :
L'air ne formera plus nygresles, ny tonnerres;
Et l'univers qui dans son large tour Voit courir tant de mers et fleurir tant de terres Sans sçavoir où tomber, tombera quelque jour 2.
Malherbe qui, vers 1615, accusait son disciple de manquer de force, aurait été surpris de la vigueur d'imagination que déploie Mainard en cette fin d'ode. Elle soutient la comparaison avec le Solvet seclum de Leconte de Lisle. Faisons abstraction de tout ce que la science moderne a pu fournir aux visions farouches de l'auteur des Poèmes barbares ; disons-nous que l'enrichissement du vocabulaire par les romantiques a mis à la disposition du chef des Parnassiens des ressources qu'il serait