‹ Le poète François MainardChapitre 289 sur 375 · Liv. I, épigr · texte numérisé non relu

Liv. I, épigr

Et Stygias œquum fuerat patrcmissc subumbras Sedquia non licuit, vivat, at ossa colat.

C'était trop s'étendre sur le même sujet; en éliminant les redites de Martial, Mainard exprimera en deux vers, en deux vers français, c'est-à-dire en deux vers d'une langue analytique, ce que son modèle avait rendu en quatre vers latins :

Ociel

Haste ma fin que ta rigueur diffère ; Je hay le monde et n'y pretens plus rien. Sur mon tombeau ma fille devroit faire Ce que je fais maintenant sur le sien.

Très remarquable encore est la couleur que Mainard donne à ses emprunts. En se réfléchissant dans son esprit, le thème venu du dehors prend une teinte nouvelle. Le tempérament de notre écrivain anime d'un souffle personnel les éléments tirés d'ailleurs et avec un matériel d'origine étrangère, mais modifié dans son essence intime par la nature de sa sensibilité et de son intelligence, Mainard exprime sa propre individualité. Qu'on compare à ce propos son exhortation à Cloris avec les conseils brûlants de Catulle à Lesbie'.

Vivamus, mea Lesbia, atque amemus Rumoresque senum severiorum Omnes unius aestimemus assis.

Soles occidere et redire possunt :

Nobis, quum scmel occidit brevis lux, Nox est perpétua una dormienda.

La pensée de la mort qui mettra un terme aux plaisirs amoureux s'offre à l'amant de Lesbie ; il la repousse aussitôt pour s'abandonner avec ivresse à ses sens et supplier sa maîtresse de lui donner des baisers sans nombre : T)a mi basia mille, deinde

centum. Dein, mille cillera Les prières de Mainard à Cloris

de lui accorder enfin les faveurs qu'elle lui a toujours refusées sont dépourvues de cette fougue et par contre empreintes de mélancolie. C'est en Italie, où Mainard a promené sa passion

Page 1