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DE L'IMITATION CHEZ MAINAIll). — ORIGINALITE DU POÈTE 445
qui rend d'une façon pénétrante la sensualité doucement voluptueuse et mélancolique du poète :
L'ame pleine d'amour et de melancholie; Et couché sur des fleurs et sous des orangers, J'ay monstre ma blessure aux deux mers .d'Italie ; Et fait dire ton nom aux échos estrangers
Ce n'est pas lui, le soupirant vraiment épris, qui s'est aperçu des flétrissures imprimées par le temps aux traits de sa bien-aimée. A ses yeux, le visage de Cloris a conservé les attraits et la fraîcheur de jadis. En prenant, pour ainsi dire, le contre-pied du sccmpio de le bellezze aime ë divine de Testi, Mainard célèbre la grâce triomphante des années, la beauté victorieuse de Cloris et n'oppose pas cruellement comme le lyrique italien Yamato Aprile aux rigori del verno de sa dame :
La beauté qui te suit depuis ton premier âge, Au déclin de tes jours ne veut pas te laisser; Et le temps, orgueilleux d'avoir fait ton visage, En conserve l'éclat, et craint de l'effacer.
Regarde sans frayeur la fin de toutes choses ; Consulte le miroir avec des yeux contens : On ne voit point tomber ny tes lys, ny tes roses ; Et l'hyver de ta vie est ton second printemps.
Nous ne pensons pas qu'on rencontre ailleurs la délicate émotion qui a inspiré ces vers. Ni l'épigramme de Y Anthologie sur le cruel Amour qui repose encore dans les rides d'Archéanasse de Colophon, épigramme que Sainte-Beuve rappelle à propos d'une idylle de Vauquelin de la Fresnaye sur 1' « hiver » de Leucothée :
De ses rides les petits plis
De feux cachés sont tous remplis l ;
ni les propos un peu frustes d'Ausone à Galla, « vieille, mais toujours fille », d'accorder au poète « si non ce qu'il veut, du moins ce qu'il a voulu » 2 ; ni, à plus forte raison, les compli-