‹ Le poète François MainardChapitre 294 sur 375 · Marot, épigr. 112 (éd. Jarmet, t. III, p · texte numérisé non relu

Marot, épigr. 112 (éd. Jarmet, t. III, p

3. Pour être juste, faisons la remarque qu'en des vers à Diane, qui, fort probablement, est la même personne que Cloris, Mainard lui avait dit entre autres :

Diane la beauté ne t'a guère suivie

Ton visage n'a plus que des lis effacez

Tes yeux qui surpasoient l'esloile la plus claire

Ont cessé de luire et d'eschauffer nos vœux,

Je crois que Ion miroir commence à te déplaire

Et que l'argent se mêle à l'or de tes cheveux.

C'est un fragment d'un sonnet dont la lettre CCLXXVII renferme les deux quatrains i et la lettre CLIIIh,s les deux tercets. M. G. Clavelier, dans les poésies inédites de ! Fr. Maynard qu'il a publiées dans les Annales du Midi de 19J8, a reconstitué ce sonnet, mais ne s'est pas aperça du rapport de ces vers avec les str. 13 et 14 de la' j Belle vieille. Dans notre Tableau chronologique des lettres de Mainard, nous établissons que la 1. CLIIIbisest de fin 1642 et que la 1. CCLXXVII est du début de 1643. Mainard n'était pas encore veuf et n'avait pas encore formulé la respectueuse j proposition de mariage où il devait chanter la palinodie.

quoi, se plaint-il à Cloris, cachez-vous dans une nuit funèbre » (c'est-à-dire sous vos voiles de veuve) :

Les divines clairtez qui m'ont brûlé les yeux ?

Plus loin le poète tombe dans le même défaut en avouant qu'on doit également admirer la durée

Du feu de mes désirs et du feu de mes yeux *.

Combien pourtant, en développant une pensée un peu subtile qu'il a lue dans Bertaut2, montre-t-il plus de fermeté et plus d'éclat que son modèle !

Pour moy, je cède aux ans et ma teste chenue M'apprend qu'il faut quitter les hommes et le jour. Mon sang se refroidit. Ma force diminue ; Et je serois sans feu, si j'estois sans amour.

On reprochera encore à Mainard un peu de recherche dans cette énumération, à la manière de Properce, des êtres inanimés, rochers, forêts ou fleuves auxquels il conte ses peines ". Je me plains, dit-il :

A ces vieilles forests dont l'espaisse verdure Fait de si belles nuits en dépit du soleil.

C'est une réminiscence de la description donnée par Balzac du bois de sa campagne « où en plein midy, il n'entre de jour que ce qu'il en faut pour n'estre pas nuit » '. Avant de condamner l'antithèse forcée de notre poète, songeons que Théophile, dont on vante les vers où il chante la nature, peint d'une manière ridicule et en se servant d'images presque

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