‹ Le poète François MainardChapitre 299 sur 375 · IH, p. 202. — Tesli, Rime, 1017, p · texte numérisé non relu

IH, p. 202. — Tesli, Rime, 1017, p

2. III, p. 20. — Testi, Poésie liriclie, 1030, p. 198. Testi s'est peut-être inspiré des vers célèbres où Virgile annonce qu'un enfant doit naître qui bannira le siècle de fer et ramènera l'Age d'or (A)//. IV, vers 8-9). Ce sonnet de Testi ainsi que le précédent ont été traduits par Urbain Chevreuil (Poésies, Paris, lO.'iO), qui mit encore eu français d'autres morceaux du seicentisla cité, ainsi que des poésies de l'espagnol Lope de Vega et du portugais Camoës. Sa belle gueuse, sa belle aveugle, sa belle prisonnière etc. dont il n'a pas indiqué le modèle, dérivent des canzoni avant le môme titre de Gaspar Murtola. 11 est intéressant de remarquer que c'est .Mainard et Chevreau qui ont fait connaître Testi aux Français ; Ménage en parlera après eux dans la prélace de Y Annule, ainsi que Bouhours (o. r. ) et Baillet dans ses Jugemens des savons (t. IV, pp. 203-204). Peiresc n'y fait aucune allusion dans les Bept volumes de ses Lettres et ce n'est qu'au moment du séjour de 1641 de Mainard à sa campagne que Balzac demande à Chapelain son avis sur les odes du favori du duc de Modône (Lettres inéd., 20 juin 1614).

petits-maîtres ou des abbés pomponnés de l'époque. La préciosité s'arrête chez lui h la surface; elle se borne, si l'on excepte les endroits traduits, à quelques locutions ou figures dont il émaille son style.

M. Roy a montré quelle tendresse les précieux manifestent pour les périphrases déguisant d'une manière ingénieuse la pensée, afin d'offrir au lecteur ou à l'interlocuteur le plaisir de vaincre la difficulté et de communier avec eux dans un langage qui n'est pas à la portée de tout le monde. On relève certaines de ces périphrases chez Mainard. Par exemple l'expression : les antipodes de la raison que Saumaize a notée dans son Dictionnaire, comme fort employée par la société dont il s'est fait l'historien1.

On le passe pour l'antipode Des esprits doux et raffinez

rapporte Mainard, au sujet de son ridicule magistrat. De même, avant le musqué Benserade, notre auteur a appliqué à une coquette la périphrase d'antipode des prudes2. On se rappelle qu'au moment où, contre son gré, Mme de Choisy fut obligée de quitter Paris, MUo de Montpensier fît le portrait de cette jolie précieuse sous le nom de la charmante exilée* ; c'est presque de la même manière que Mainard désigne la paix dans une épigramme à Richelieu :

Rends-nous cette belle exilée.

Il recourt à une locution analogue pour prier la Fortune, « cette aimable vagabonde », de quitter enfin les Espagnols pour suivre « la première teste du monde », qui, bien entendu, est Louis XIII. Mainard se surpasse lui-même en appelant le songe, dans l'épigramme imitée de Testi, ce doux sorcier de mon ennuy, ou en dénommant les astres les yeux du ciel qui font les destinées''. Ces périphrases, qui dérivent du désir de passer pour un écrivain de bel air, diffèrent complètement des

1. Cf. Roy, o. c, p. 299 qui cite aussi des exemples de Balzac.

2. Mainard, t. III, p. 109 et pièce inéd. publ. par Garrisson, t. III, p. 302,

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