‹ Le poète François MainardChapitre 300 sur 375 · III, pp. 113, 2oo · texte numérisé non relu

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circonlocutions qui remplacent le terme propre afin de donner plus d'emphase ou de noblesse au discours. Telles sont l'astre du jour ou le grand flambeau du ]our ou l'astre qui mesure le temps pour le soleil; Vonde salée pour la mer; les filles de Mémoire pour les Muses; le travail mesuré qui sort de mon estude pour mes vers'. Ces fausses élégances, Mainard ne les a pas inventées ; il les a trouvées dans l'œuvre de ses devanciers et, de même que son maître Malherbe', il les léguera à la poésie classique des xvne et xvine siècles.

Relevons encore îhez Mainard certaines allégories qui traduisent la pensée d'une manière bien singulière. « Mes amis, déclare-t-il, me conseillent d'adresser mes vœux à une autre dame

Et que je dois faire un effort

Pour tourner vers un autre port

Les espérances de mes voiles 3.

C'est une figure dans le goût des métaphores prolongées qui enchantaient les précieux. S'il ne tombe pas plus souvent dans ces fautes de goût, c'est que ses correspondants, qui sont en même temps ses correcteurs, l'en empêchent. C'est ainsi qu'ils réussirent à lui faire abandonner la métaphore que Saumaize a consignée dans son Dictionnaire :' digne de nos anciens pour digne de nos désirs ; notre poète condamna, luimême les vers où il l'avait enchâssée1.

Le penchant de Mainard pour l'emploi de l'adjectif neutre comme substantif est l'un des traits du style précieux. A vrai dire, ce procédé est assez ancien dans la langue, mais les précieux en firent un abus tout particulier. Ils se servirent surtout de certains de ces adjectifs substantivés : le sérieux, le ridicule, le fin, le fin du fin, le tendre, etc. \ C'est dans ses dernières

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