‹ Le poète François MainardChapitre 302 sur 375 · Cf. Bruno I. La doctrine de M fil herbe, p · texte numérisé non relu

Cf. Bruno I. La doctrine de M fil herbe, p

faire un substantif d'un adjectif et de dire un raisonnable violent, un heureux caché K Ces assemblages d'adjectifs qui, au premier abord, semblent répugner de se trouver ensemble, sont de même nature que l'association agréable aux précieux d'adjectifs substantivés antithétiques : avoir un furieux tendre pour quelqu'un. Ils sont de même nature que les expressions « une douce rudesse », « une main audacieusement craintive » « agréablement fascheux » qu'on a relevées dans le style contourné des Escuteaux et des Nervèze, les romanciers en vogue du début du xvne siècle2. Chez les italianisants de la Pléiade, comme chez les précieux du milieu ou du commencement du siècle, comme chez Mainard, ces réunions de mots, viennent du désir de raffiner sur le style, de susciter la surprise chez le lecteur qui ne s'attend guère à voir intimement liés des mots dont le sens s'exclut. Il est bien connu le mot de Marino : E del poeta il fin la maraviglia. Voilà pourquoi Costar, « le plus galant des pédants, le plus pédant des galants », trouve beaucoup de grâce3 aux adjectifs composés de Y ode à Alcipe de Mainard : un triste blanc, les injustes adorez. Dans la même catégorie entrent les lâches prudens qui tremblent dans le port; les éloquens fardez que nostre siècle admire ; les illustres misérables.... le poly sauvage dont Vépigrammc a tant d'appas '\ Peutêtre faudrait-il joindre aux exemples précédents des criminels audacieux \

Le goût de Mainard pour ce procédé lui fait juxtaposer des v adjectifs dont le sens non seulement ne se contrarie pas, mais encore souvent est identique: des heureux prudens, un illustre curieux, les prudens achevez". Enfin Mainard applique la juxtaposition à des adjectifs synonymes et forme de la sorte des

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