‹ Le poète François MainardChapitre 304 sur 375 · Contemplations, liv. III · texte numérisé non relu

Contemplations, liv. III

Venus, avecques son patin, Souffleta Monsieur le Destin Et Pallas fit berner les Parques,

Ou encore Mars dit cent pouillcs au Sort, la Valeur choit et se démet une épaule, et le Mérite est rossé d'importance1. Cette dégradation des hauts personnages de la légende ou de l'histoire est rare chez Mainard. Le burlesque est d'ordinaire chez lui un comique à outrance appliqué à des sujets sérieux, le parti pris de faire rire des choses les moins risibles2. Scarron présente les héros grecs comme des personnages de mascarade, mais il cherche aussi à nous faire rire avec le tableau de ses propres souffrances. Mainard, de même, peint à l'aide d'hyperboles burlesques l'âge des vieilles femmes, leur maigreur ou leurs appâts flétris.

Ces plaisanteries, le poète les a bien empruntées parfois aux Italiens du xvie siècle, à Berni par exemple, dont il s'applique à imiter la verve joyeuse 3, mais il en a trouvé aussi le modèle dans certaines pièces des Latins, surtout dans les épigrammes de Martial '.

C'est encore Martial qui lui a fourni les images d'une fantaisie grotesque, appliquées à des personnages de la mythologie. En s'excusant auprès d'un ami de ne pouvoir accédera son désir d'expurger ses vers des passages trop risqués qu'ils renferment, Martial l'avait prié :

Nec castrare velis meos libellos Gallo turpius est nihil Priapo.

1. Cf. t. III, p. 127 et ibid., 122, 127, 131 (Passait! arrcslc... Gy git... Lorsque ce guerrier invaincu....) Ces épigr. sont insérées pour la première fois dans les Recueils de 1020 et de 1030.

2. C'est la définition générale du burlesque d'après AI. Morillot, Scarron et le genre burlesque, liv. II, chap. 1, Le burlesque, grandeur et décadence du genre.

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