‹ Le poète François MainardChapitre 307 sur 375 · ORIGINALITE DU POÈTE · texte numérisé non relu

ORIGINALITE DU POÈTE

même que les regrets de Du Bellay sur son chat Belaud ou ceux de Passerat sur le trépas de son chien, traitent un sujet analogue à celui du Lamento d'una galta perduta de Coppetta et du capitolo de Firenzuola In morte d'una civetta.

Régnier avait librement imité l'Arétin dans la description drolatique des phénomènes de la nature. En parlant d'une nuit fort noire, il déclare que les Gobelins ne fabriquèrent jamais de teinture aussi sombre, et que, dans pareille obscurité, « Argus aurait passé pour un des Quinze-Vingts ' ». Mainard lit dans l'Arétin : « Giunsero a punto che il sole si haveva messi gli stivali, pergire in poste a gli antipodi, che lo aspettavano corne polli balordi... ». Dans son ode au comte de Crussol, notre auteur applique à Tannée qui commence ce que l'Arétin avait dit du soleil :

Comte illustre par mille preuves

Je te salue en ce beau jour

Que l'an a mis des botes neuves

Pour aller refaire son tour 2.

Pour peindre l'infortune des poètes et la pauvreté des Muses, Mainard a plus d'une fois utilisé les traits des poètes burlesques. Dans sa satire à Giulio Doffî, Sansovino, raillant amèrement le sort des rimeurs, avait constaté que le laurier sert seulement aux hôteliers, en guise d'enseigne:

A lo hoste va l'allora :î.

C'est la source de la célèbre boutade de notre auteur :

L'art des vers est un art divin

Mais son prix n'est qu'une guirlande

Qui vaut moins qu'un bouchon à vin *.

impossible d'en identifier l'original, malgré le concours que nous ont prjté sur ce point des spécialistes tels que MM. Mignon et Vianey.

1. Vianey, o. c, p. 137, qui cite l'Arétin, Dialogue plaisant, fin de la 2me journée de la 1" partie. — Cf. Régnier sat, X.

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