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462 LE POÈTE Eli. MAINAKD
Déjà ici l'imitation est fort libre. Dans les sarcasmes dont il couvre les Muses, Mainard surpasse son modèle. Tout le monde se moque des odes et des rimes, avait dit, d'après Sansovino, Vauquelin de la Fresnaye :
et le riche usurier
Ne bailleroit là dessus un deuier
C'est avec plus de nerf que Mainard oppose burlesquement le cheval ailé d'Apollon à la monture efflanquée des paysans :
Rengainez l'art des belles frases La cour donncroit cent Pégases Pour un bidet de cent escus '.
Dans son capitolo délia poesia, Ludovico Dolce plaisantait amèrement les rimeurs :
Quanti vedete voi con gli occhi vostri Audarsene a grnn passi aile spedale Pcr la vaghezza de purgati inchiostri*.
Avec plus de mordant, Mainard indique le fossé vers lequel s'acheminent naïvement ces rêveurs :
Malherbe en cet âge brutal Pégase est un cheval qui porte Les grands hommes à l'hôpital !
et il varie avec beaucoup de bonheur sa formule:
Et Pinde n'est plus un beau lieu
Mais une pente en précipice
D'où Ton tombe dans l'Hostel-Dieu !
ou encore :
Hippocrene, Pinde et Parnasse Sont les chemins de l'hospital '.
Ce rapprochement saisissant entre la vocation des hommes de lettres et la fin sinistre qui les attend, a séduit un grand nombre de poètes qui, en commençant par Chevreau et en