‹ Le poète François MainardChapitre 309 sur 375 · Yianey, o. c, p · texte numérisé non relu

Yianey, o. c, p

3. III, p. 103. — T. III, p. 78. Epigr. inéd., p. 209 de cet ouvrage.

finissant par Casimir Delavigne, ont répété la pensée de Mainard presque dans les mêmes termes que lui \

Mainard perdit le goût du burlesque avant d'abandonner son inclination pour la préciosité. La plupart des passages que nous venons de citer appartiennent à des pièces insérées dans les Recueils de 1626 et de 1630. Vers 1640 notre auteur atténue souvent ce qu'il y a de trop hardi dans ses plaisanteries. En félicitant Richelieu de ses succès sur les Espagnols, il avait prédit tout d'abord :

Et bientôt l'aigle de l'Empire Ne sera qu'un oiseau plumé, .

C'était une figure bonne pour l'ami de notre auteur, Scarron, qui ne se fit pas faute de sr'en emparer dans son ode de 1643 à Mme la duchesse d'Aiguillon2 . A propos de l'Empire, Scarron présage :

Et son pauvre aigle sans plumage Deviendra l'homme de Platon3.

Dans la version définitive de cette épigramme qu'il adressa en dernier lieu à Mazarin, notre poète écarte ce qu'il y avait d'extravagamment comique dans sa première rédaction et conclut :

Et l'aigle portera la foudre

Du monarque des fleurs de lys7'.

Un des traits du style et de la langue des auteurs burlesques est la vivacité de couleur des images, la familiarité et même l'avilissement de l'expression. Les burlesques qui aiment dégrader les pensées nobles et présenter les choses sérieuses sous un aspect folâtre, cherchent à mettre en rapport la forme avec le fond. Par des procédés qui sont analogues à ceux des

1. Cf. Urbain Chevreau, Poésies, Paris, 1G56, p. 170. Pour Casimir Delavigne v. Labouïsse-Rochefort, Lettres biogr. sur Fr. de Maynard, p. 26o.

2. Cf. Œuvres, Paris, 1780, t. Vil, p. 210. — Cf. pour la date de cette pièce Morillot, n. c, p. 424.

3. Vianey, o. c, pp. Ho et suiv. Ce critique rapproche ces vers de ceux « inconsciemment burlesques » du célèbre monologue de Rmj-Hlas de Victor Hugo.

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