‹ Le poète François MainardChapitre 310 sur 375 · Ed. Garriss., t. III, pp. 61 et · texte numérisé non relu

Ed. Garriss., t. III, pp. 61 et

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précieux, ils manifestent leur prédilection pour un style truculent, violemmentenluminé de figures drolatiques et saisissantes, de proverbes et de dictons populaires, d'expressions ramassées jusque dans le ruisseau. Régnier en avait donné l'exemple dans ses satires bigarrées d'images d'une originale fantaisie, de locutions prises trop souvent au langage des tavernes ou des halles. Scarron devait, plus que lui encore, encanailler la langue1. Malgré la proscription prononcée par Malherbe contre les expressions « basses et plébées ))%Mainard n'hésitera pas à en émailler ses chansons bachiques, ses épîtres et ses épigrammes, c'est-à-dire toutes ses pièces où se donne carrière son goût pour le burlesque. En parlant de ses vers il déclare :

Leur langage net et franc, Fait la figue à la contrainte. '

On s'en aperçoit assez vite. Pour traduire le proverbe sine Cerere et Baccho friget Venus, il emploie des trivialités qu'il juge amusantes :

La douce mère des amours A qui mon âme s'est rendue Père Bacchus, sans ton secours N'est qu'une garce morfondue. '

Mainard aime encore à personnifier les éléments de la nature et à les présenter sous un aspect comique. En même temps, pour augmenter le côté plaisant de ces passages, il corse son langage de locutions franchement populaires, de proverbes du genre de ceux dont son ami, le comte de Carmain, a rempli une comédie fort connue '. A la pointe du jour, écrit-il dans la chanson bachique déjà citée, cet ivrogne :

Sur la moustache du soleil Boit à la santé de l'aurore.

1. Morillot, o. c, chap. 7 du 1. II. De la langue et du style de Scarron.

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