III, p. 177, Chanson bachique, str
5. Les premières feuilles du ras. 843 de la Bibl. de Toulouse sont couvertes de comparaisons et de proverbes que le poète avait évidemment l'intention d'employer
(( Je passe les nuits entre les pots », déclare-t-il ailleurs,
Et quand l'ombre destend ses voiles
Je sollicite les estoiles
De prendre le vin de l'estrier. i
Remarquons d'autres expressions populaires dont les unes ont, à son époque même, un air légèrement archaïque : bouquer, jouer du talon, grimouchc, je donnerois pour un fétu (les mauvais buveurs), j'ai mis en cage le preste-Jean et le sophy, le siècle des courtaux2, etc. Notre auteur poursuit avec ténacité dans ses compositions railleuses la recherche du terme concret. Il avait commencé par écrire :
Voys-tu bien ceste femme alticre Que le blanc d'Espagne embellit.
Il corrige Voys-tu cette donzelle allière3. Il avait mis dans la première rédaction de son épître à Flotte :
Les dieux du gouvernement Ayment mieux que cent poètes Un soldat de régiment.
Il dira dans la version définitive de cette pièce :
Mettroient devant cent poètes Un drille de régiment4.
Ces épîtres, ces épigrammes, ces chansons bachiques, pourrait-on objecter, sont des inspirations lyriques ou satiriques d'ordre familier, et une très grande liberté de langage y est tolérée. Certes, mais les licences que Mainard et, à plus forte raison, Régnier, Saint-Amant et Colletet se permettent, répugnent à la pure doctrine classique. Ecoutons Chapelain, qui se montre ici, comme en un grand nombre de cas, le représentant de la doctrine de Malherbe, de la doctrine classique. En reprochant à Colletet ses façons
dans ses productions burlesques. « Il est estonné comme un homme a qui les cornes sont sorties... Il est plus double qu'un oignon... » etc.