‹ Le poète François MainardChapitre 314 sur 375 · Menayiana, éd. 171o, t. II, p. 31o · texte numérisé non relu

Menayiana, éd. 171o, t. II, p. 31o

468 LE POÈTE EJi. MAINARD

qui d'an si beau vert couvrent son ermitage. » Elles sont belles aussi et émouvantes les productions qu'il a remplies de ses pensées et de ses sentiments à l'approche des adieux suprêmes à la vie, tantôt frémissantes d'humilité et de contrition chrétiennes, comme le sonnet à son âme; tantôt traversées de mélancoliques mais inutiles regrets, comme la parapbrxisc du linquenda tellus de l'ode à Alcipe; tanlôt enfin pénétrées d'une majesté grave et sereine devant la nécessité inéluctable de disparaître, comme le sonnet à Carmain ou la fin magnifique de l'ode précédemment citée.

Doué d'un cœur dévoué et affectueux, sachant cultiver l'amitié, apprécié par ses compagnons de plaisirs pour l'agrément de ses propos, Mainard devait triompher dans l'épîtrc. L'ode à son livre, ses deux longues épîtres rimées à Flotte1, certains de ses envois épigrammatiques, son étrenne au comte de Crussol2, la remontrance amicale à son fils sont, comme on l'a fort bien dit, des causeries sentimentales. On les a comparées môme à certaines épîtres de Musset'. Il y a beaucoup plus d'esprit et de rêverie chez ce dernier poète. Il y a, en revanche, une bonhomie, un abandon plein de grâce, une aisance charmante dans ces confidences ou ces vœux que Mainard adresse à ses amis. A l'opposé de Marot ou de Scarron qui, dans leurs épîtres, ne font que tendre la main ; à la différence de Boileau, dont les pièces similaires sont didactiques ou satiriques ; seules, au xvne siècle, les épîtres de Mainard nous captivent par ce mélange de familiarité sans vulgarité, d'enjouement et de malice naïve et nullement méchante. Rangeons donc, sans crainte de faillir par exagération, ces compositions de notre auteur parmi les meilleures pièces du genre.

Son entrain à se livrer à des exploits en l'honneur du « Dieu des plats et des bouteilles » s'est donné libre cours dans ses chansons à boire et ses invitations à table, d'une verve dépourvue de finesse, nous y consentons, mais chaude et amusante. Supérieures, à notre gré, aux chansons bachiques de

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