‹ Le poète François MainardChapitre 317 sur 375 · III, p · texte numérisé non relu

III, p

2. III, p. 137, Bobina quitté le débit... MarL, 1. Iiv., ép. 31.

3. III, p* 134, Je crains que cette saison... cf. l'Arétin, Giornata 3* délia 2 l parte, cité par l'annot. anon. de la Bibl. Arsenal.

4. Balzac loue cependant « cette nouvelle espèce mestive entre le sonnet et l'épigramme {Lettres inèd., 12 déc. 1645).

.'). Vauquolin de la Fresnaye cité par Ste-Be;n-e, Tableau de la poésie franc, au AT/6 siècle, art, s. Du Bellay.

donnée de l'original, de raccompagner d'un commentaire laborieux ou de la traîner dans des redites oiseuses. Ainsi il a marqué sur son cahier cette pensée traduite un peu littéralement d'Horace :

Cher amy que dirois tu Si pour apaiser l'envie J'abandonnois la vertu ?

Comme il s'avise d'en faire le tercet final de l'un de ses sonnets-épigrammes, Mainard s'appesantit en onze vers sur la critique qu'on lui fait de manier une plume « vrayment gasconne1 )). Cette piécette est encore assez agréable. Moins bonne est lépigramme de quatorze vers où Mainard s'est emparé de la plaisanterie de Martial à l'endroit d'un amphytrion qui se prétend poète : « les applaudissements de tes convives s'adressent à l'éloquence de ton souper et non à la tienne » :

Sylvaudre, il est vrai, je l'avoue L'excellence de tes repas Fait qu'impudemment je te loue D'une vertu que tu n'as pas.

Et l'auteur, qui cheville dans le premier des vers cités, affaiblit davantage sa plaisanterie en la prolongeant dans les deux tercets et en donnant à son quatrain une introduction qui fait languir son épigramme :

Flotc mon confident s'estonne Que je sois devenu flateur Et qu'à tout moment je te donne La qualité de bon autheur2.

Outre la prolixité, il nous semble que les épigrammes de Mainard souffrent d'un autre défaut : la composition en est

1. Mainard, t. III, p. 80. — H irace, sat. III du liv. II : Invidiam plueare paras rirlule relieta. — Labouïsse-Uochefort a donné « la strophe d'attente » citée plus haut comme un fragment inédit. MM. Durand-Lapie et Lachèvre l'ont reproduite dans Deux homôn., p. 112, sans s'apercevoir que Mainard l'avait enchâssée dans une épigramme.

2. III, p. 70. Martial liv. VI. épigr. 48. — Cf. aussi à ce point de vue l'épigramme III, p. 82 : Il est vrai/ Denis avec Martial, liv. I, épigr. 11. De même le (lixain Colin la portes dans les deux (t. III, p. 104) avec Martial, liv. II, épigr. 27 et liv. IX, épigr. 120; enfin le dixain, Paul rougij de ton avariée, t. III, p. 121, avec Marlial, liv. XI, épigr. 67.

souvent lâche, et les idées non seulement s'enchaînent mal, mais parfois se contredisent. On pourrait aisément scinder tel sonnet-épigramme, par exemple celui de la page 92 du tome III de l'édition Garrisson. Les deux quatrains constitueraient une première épigramme dont le titre serait : « éloge des mérites du poète fait par lui-même » et qui finirait sur une louange imitée de Martial : « l'austère centurion lit les écrits du poète au milieu clés glaces de la Gétie1 ».

EtTurenne voit nos guerriers Lire mes vers dans la tranchée.

Les deux tercets formeraient une autre épigramme dont la pointe rappelle la menace de Catulle à Ravidus, son rival en amour, de le punir en en immortalisant le nom abhorré dans ses ïambes2. Le titre de cette seconde pièce pourrait être : « à un détracteur du poète » :

Je découvre ta vanité Tu désires que ma satire Te monstre à la postérité.

Ailleurs Mainard raille un rimeur famélique :

L'indigence qui t'a surpris

Porte un autre mal-heur en croupe,

car les bons esprits :

disent que les vers Que tu donnes à l'univers Sont frères des nuicts éternelles '.

Il est malaisé de saisir le rapport qui pourrait exister entre l'indigence et l'obscurité des vers qu'elle « porte en croupe».

Le décousu de la composition et le peu de cohésion des idées s'accusent davantage dans les portraits satiriques de notre auteur, en raison de leurs dimensions plus considérables. C'est dans son Magistrat que ressortent surtout la médiocrité de sa psychologie et l'incohérence de ses observations. Mainard a accablé

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